Définitivement

170120

Les jeux entre animaux ne sont bien souvent décrits que sous un angle utilitariste ; il ne s'agirait pour les jeunes que de viser une finalité d'adulte accompli et fonctionnel (par exemple, devenir un bon chasseur), comme si le jeu ne pouvait pas être considéré en tant que pur mouvement vital. 

Il s'agit, pour l'humain qui choisit de décrire (et percevoir ?) les choses ainsi, de nier son propre chaos de sens, sa propre inversion des temporalités : dans les faits, ce plaisir apparemment responsable que tu prends à te perdre dans ton job, relève plus que jamais de l'enfouissement dans la dynamique ludique de ce qui se déroule ; tu semblais bien plus concentré quand tu te construisais toi-même, enfant, tes propres préoccupations ; tu te les construis toujours aujourd'hui, en dernière analyse, mais c'est plutôt l'habitude des catégories qui parle en toi.

D'une façon rigoureuse, on pourrait dire que petit, on joue non pas pour apprendre mais pour apprendre à jouer : c'est donc comme ça qu'il faudra faire pour plus tard jouer le garçon, jouer la fille, jouer le travailleur, jouer la ménagère, etc. On fait comme si on faisait déjà comme si. Est-on déjà dupe ou avons-nous conscience, en ces temps, qu'il s'agit ici de reproduire une comédie ? Il me semble qu'on semble le sentir parfois, qu'on ne nous la fait pas. On surjoue. Ce sera autre chose de s'apercevoir que le surjeu fait partie du jeu, ce sera tout de suite moins drôle. Le surjeu c'était pour montrer qu'on se tenait à distance du jeu, qu'il ne nous engageait pas encore (à cette époque) ; c'était sérieusement (et donc drôlement malicieusement) qu'on savait que c'était pour du faux. Puis on ne sait plus très bien, on se met à y croire avec des lumières plein les yeux (on devient alors ridicules).

(Savoir qu'on grandit, qu'on vieillit, ce n'est pas tellement se sentir soi-même mûrir, c'est s'apercevoir que les autres, les adultes sont mûs par des jeux. Ce n'est pas se dire “tiens mais je suis âgé”, c'est plutôt s'écrier, à la vue de nos parents : “mais ce sont des gamins, l'ont-ils donc toujours été ?”. Tout ça pour ça, alors ? Pour si peu de maîtrise ?)

Posté par Lucas Taieb à 10:58 - Commentaires [1] - Permalien [#]


050120

« Oh tiens, et moi qui m'attendais à ce que ça me vrille l'oreille, en fait c'est du piano tout doux ! Et l'on retrouve bien là son type de mélodie, c'est tout à fait lui. »

Ces deux phrases résument tout.

La première : on est toujours agréablement surpris quand c'est doux alors que l'on s'attendait, étant donné la fraction de classe de nos goûts, à tomber encore sur quelque chose d'intraitablement strident ; eh bien non, c'est enfin normal ; plaisir de la pop au sens large et digne de ce nom qui peut se découpler ainsi (pour la démonstration, car la plupart du temps, les deux temps – sous-temps de la première phase – sont indiscernables) : “allez on s'attend à de l'intraitablement rugueux, on connaît l'bonhomme / oh tiens non, maintenant il prend enfin le temps de se pencher sur lui-même, sur la quintessence de ses mélodies jusqu'à l'os, jusqu'à ce que l'on entende juste, plus que jamais qu'il est un humain qui aime tourner de cette façon-là (et d'aucune autre, on le reconnaîtrait entre mille) le fait d'être déchiré par l'émotion ou la sensation !”.

On est donc déjà dans la deuxième phrase-phase du « c'est tout à fait lui » : et c'est vrai que c'est comme l'amour. Un jour on a entrouvert les portes de sa façon à lui, bien à lui de tourner ses mélodies (je n'ose dire sa signature tant cela aurait des accents regrettablement administratifs), parfois ça nous a pris un peu de court, ça ne ressemblait pas à ce que l'on connaissait jusqu'alors (ça ne ressemble jamais à rien de connu quand c'est digne de ce nom) et on s'est ensuite laissé porter par son identité, on a lâché notre main dans la sienne (“tiens prends ça, prends ma main pour la peine, tu m'as eu hein”) et maintenant on reconnaît à chaque fois quand il est lui car oui, c'est bien lui, il nous est apparu ainsi et depuis il nous suit au rythme du cours à la fois stable et changeant de notre perception (la base de l'amour est assuré, on sait qu'il est digne de ce nom et il évoque tant de moments vibrants à ses côtés, mais à la fois ce n'est plus tout à fait comme au début, notre regard s'est nourri des aléas traversés pendant les diverses écoutes successives parmi de nouveaux paysages qu'on n'avait pas prévu). On sait pas ce qu'on préfère : quand on entre dans l'amour et qu'on entrevoit toutes les mélodies – dérivées de son type à lui – que l'on va pouvoir vivre encore, qui nous attendent et dont on n'a pas idée, ou bien quand on le connaît depuis longtemps et que l'on peut entonner ce qu'il vit, ce que nous vivons donc avec lui, en toute complicité douillette (libéré des enjeux à proprement parler, ou plutôt, les enjeux consistant désormais à pouvoir l'écouter sans enjeux, en toute connaissance de quintessence).

Posté par Lucas Taieb à 11:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

291219

Perplexe vis-à-vis des livres, finalement. Pourquoi enfermer nos dires dans de tels clapets compacts ? En plus, comme c'est un objet palpable, on sait toujours si on en est au début ou à la fin, on ne nous la fait pas. À l'inverse, les films c'est pénible mais de l'autre côté du problème : il faut toujours rester rivé dessus et on ne sait pas quand on pourra faire autre chose (ou alors en trichant et en regardant ailleurs mais ça compte pas, sauf pour un film qui indiquerait dans chacun de ses plans quel compte il reste). Bref, soit c'est trop définitif comme objet, soit trop hypnotisant. Quant aux spectacles de toutes sortes, il faut sortir pour.
La seule forme qui m'a de tout temps convaincu, c'est l'album de pop : ça chemine, ça se déroule, ça se complète, ça se penche sur sa totalité, ça nous laisse libre et en même temps ça a un sens, c'est cohérent et en même temps c'est inépuisable et ça nous fait nous pencher sur l'intérieur de notre crâne par l'extérieur de nos innervations. Le seul objet esthétique qui tienne la route, qui ne fasse pas "invention ratée faute de mieux". Curieusement, plus personne ne le goûte, ou bien peu (je parle de tout l'album, hein, de l'album en soi-pour soi).

Posté par Lucas Taieb à 10:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

281219

Avec la pop, je me reparcours. Mettons, par exemple : je me souviens à chaque fois parfaitement de la dernière fois que j'ai écouté tel album que j'écoute actuellement, je me remémore ce qui a pu se dire et se passer autour, par exemple, ici, un invité qui disait “c'est qui, la musique ?”, invité qui est désormais père, en plus d'être toujours l'ami de la fille qui était mon amoureuse à l'époque mais qui ne l'est plus maintenant ; écouter ce disque actuellement, c'est me rappeler que les choses peuvent rester des choses, que le monde existe toujours puisque j'écoute actuellement ce disque alors que par ailleurs je ne suis plus avec mon amoureuse (bien que la dernière fois que j'ai écouté le disque c'était le cas, j'étais avec, incroyable ! c'est ça dont il faut se rendre compte et dont on ne revient pas ! comment en revenir ? comment revenir de ce passé non anodin ?) ; qui plus est, j'écoute ce disque en me repenchant sur des pages faites en écoutant des disques qui me permettaient déjà à l'époque de me reparcourir, et ainsi de suite. Palimpseste. 
Je crois que j'ai su très tôt que je préférais ne plus rien dire et que c'est par la pop que je trouverais un appui d'existence pour ce rien, pour le nourrir, le faire être gros de tout ce qu'il faut tout de même faire sentir qu'on ressent (faire sortir pour continuer à ressentir et à ensuite ressortir ces sorties de sentiments en se reparcourant, et ainsi de suite). Toutes les pages que j'ai pu faire, c'était en appui sur la pop.

Posté par Lucas Taieb à 17:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

161219

Je les ai de nouveau tous réunis pour leur poser une question. Celle-ci : « Et pensez-vous que je pourrais par exemple n'écrire jusqu'à la fin de ma vie que des textes concernant la pop, l'évoquant, l'invoquant ? ». Certains semblent perplexes, je précise donc derechef : « Parce que quand même, depuis le début c'est la raison pour laquelle je suis là, je m'y suis mis tout entier dans la pop pour me sauver la vie depuis tout petit, parce que je sentais qu'à mes côtés, dans la pièce d'à côté, la vie s'éteignait, alors vous voyez bien de quoi elle relève la pop, comment donc ne pas lui consacrer tous mes dires ? Tout le reste m'épuise, seuls les constats sur la pop me semblent pouvoir révéler, relever, peuvent potentiellement me relever en me révélant ».

Il n'y a pas de jeu sur les mots, tout est factuellement concret, elle est plus forte, elle imposera son jugement, exemple que je leur donne : écrire-dessiner avec la pop, avec la pop digne de ce nom, c'était toujours gagner puisque la confiance en cette musique, la fierté à la vivre, se transformait en confiance en mes dires, en mes traits, qu'il y ait orgueil préalable ou non ; à l'inverse, quand une source de sons vraiment trop non-pop surgissait, la nullité se faisait sentir, indépendamment de toute croyance en mon mouvement (j'aurai beau avoir démarré la feuille avec ferveur, l'absence de pop me fera perdre toute contenance). Si ça c'était pas la preuve ultimement définitive d'elle ! La preuve du fait qu'il fallait lui consacrer tout le reste de mon autel !

« Tu crois pas que t'aurais pu marquer la ressemblance avec le mot “hôtel”, avec ton refuge mental ? », s'exclame nasillardement l'un des hôtes conviés à m'écouter. La conférence prendrait alors une tournure ironique, la séance est donc levée.

Posté par Lucas Taieb à 11:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]


131219

Franchement, c'est pas dit ! C'est pas dit que ça aurait changé quelque chose, que j'en serais pas là aujourd'hui à écrire ce texte, si j'avais pas choisi la pop. Je me doutais bien qu'il y avait un risque à l'investir ainsi aux dépends du reste de la vie, mais je me disais aussi que rien ne prouvait qu'en l'oubliant davantage (si j'avais fait le choix cruel de l'oublier) on m'aurait considéré autrement. Certes, aujourd'hui je n'ai plus rien que la pop, mais si j'avais pas eu la pop il ne me resterait même plus la pop, il ne me resterait plus rien. Comment savoir si cela a réellement joué un rôle dans le fait qu'on semblait ne pas être convaincu par mon existence ? Je n'étais pourtant pas sans arrêt rivé à mon baladeur ! 

La pop, cela prenait sans conteste du temps d'écoute. Tout en l'écoutant, je suivais spontanément le reste des choses à faire suivant les préoccupations du moment. J'ai toujours été préoccupé par les mêmes contenus, mais ceux-ci ont pris des dehors toujours changeants. Me revoici ici aujourd'hui avec ce texte, situation la plus solitaire du monde (je n'ai quotidiennement plus que la pop dans ma vie, tout le monde est parti), situation qui en évoque d'autres, de plus anciennes qui ont déjà existé et dont je pensais m'être extirpé en poursuivant mes diverses obnubilations successives, mais sans que celles-ci ne me permettent pourtant, apparemment, de me prémunir contre le retour de la situation présente, principalement caractérisée par l'écriture de ce genre de texte.

À un moment, j'ai sérieusement commencé à me sentir bien, je ressentais de l'intérêt pour tellement de choses différentes, je faisais preuve de tellement d'esprit que je me suis senti invincible. Cette euphorie m'a vite paru louche (elle l'avait souvent été jadis) et la peur a donc grandi, la peur du retour du malaise, du doute. C'est là que ça s'est précipité : je sentais que je ne tenais qu'à un fil, qu'il suffisait de n'être brusquement (moi-même ou les autres) plus convaincu(s) par mon existence pour perdre l'entièreté de mon assurance acquise. Il s'est passé ce que j'avais pressenti mais sans l'avoir prémédité : ce sont essentiellement les partages qui se sont avérés précaires, mon lien au monde ne s'était, il faut croire, pas suffisamment affermi. J'avais pourtant l'impression que ça y est, c'était parti. Mais me revoici aujourd'hui ici. 

Croire que tout serait la faute de la pop serait risqué. Elle est tout ce qu'il me reste ; si je devais elle aussi la remettre en question, je me verrais dans l'obligation de me conduire vers une illusoire indépendance affective de l'ordre du virilisme qui ne durerait sûrement qu'un temps et verrait naître une peur du retour du rien encore bien plus puissante que celle que j'ai déjà connue. Telle serait ainsi vraiment ma fin (et c'est ce qui fait la misère qui nous entoure, que je ne souhaite pas rejoindre). C'est justement en me penchant sur ce gouffre repoussant que je saisis ma dernière chance intérieure : je n'irai jamais dans cette négation, je tiendrai la route, la seule route qui vaille, sans cesse similaire et changeante à la fois, la seule pop digne de ce nom, le cœur de ma croyance ; en tentant dans le même temps de me réaccrocher au monde, de lui expliquer que je n'ai pas spécialement voulu ce texte, que bien qu'actuellement inévitable (ce genre de texte) je me serais bien passé de l'écrire, qu'il en soit certain !

Posté par Lucas Taieb à 21:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

111219

Il est vrai qu'on se demande souvent “mais comment en suis-je resté là, à cette époque ? que me manquait-il pour voir autre chose ?”. Il faut croire qu'on pensait que le monde pouvait se contenter de ça, d'un nous-même aussi fruste et désolé. On y croyait vraiment qu'il n'y avait que ça, que la musique se résumait à tels tambours, à tel cris, etc. Ce que l'on découvre ensuite, en même temps qu'une pop digne de ce nom, c'est qu'on est un moi globalement plutôt digne, à respecter, qui ne doit pas rester ballotté par ce que les autres nous font croire que le monde est. Et c'est vrai que quand on y repense, on s'aperçoit que la sous-musique que l'on pouvait ingurgiter collait tellement bien avec notre sous-moi (vérité non pas objective – nous ne saurons jamais qui nous étions – mais vécue : on se vivait comme sous-moi, on se rendait compte qu'on était en dessous de ce qu'on pouvait potentiellement être un jour, et cela perdure encore bien entendu, mais ça va tout de même un peu mieux malgré tout). Un beau jour il faut bien que l'on écoute enfin tout ce qu'il y a à écouter (en nous et à l'extérieur) !

À tout prendre, la pop déchirante aux accents complexes me sera toujours préférable aux vagues errements rétifs maladroits. Le rétif maladroit se glorifiant en tant qu'errement, ça laisse un sale goût, on croit que ça peut aller quelque part et en fait ça va seulement là où ça sonne de travers, comme tant d'autres travers déjà attendus, alors qu'on nous avait promis le rétif ; au moins, la pop déchirante ne promet rien, et c'est justement parce qu'elle ne promet rien qu'elle accomplit tout son potentiel lorsqu'elle se fait malicieusement complexe, on a alors gagné sur toute la ligne. Mais surtout, la préserver dans toute sa pureté (contrairement à la nouvelle stratégie vaine de l'errement rétif postmoderne occidental : mythologiser la pop, la fixer dans ce qu'elle a de plus détestable, en faire un jeu distancié, appuyer le ridicule en affirmant que telle est l'émotion ; or, tout faux ! Si l'émotion peut parfois s'aventurer aux bords du ridicule, elle restera digne si l'on tend bien l'oreille ; c'est la vie, vérifiez, les meilleurs sont dignes et aucun ne joue à se regarder simplement pour se regarder et en rigoler ; il n'y a pas à rigoler, je ne vois pas ce que vous trouvez drôle.)

Posté par Lucas Taieb à 15:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]

051219

Il faut croire qu'accepter tout est moins gagnant que refuser tout sauf un.
Le premier cas, c'est disons moi, de plus en plus avec le temps : j'accepte tout, l'esprit, la lettre, le ciel, les battements, les multiples façons, les plaisirs du haut, du bas et du milieu, la nourriture que l'on porte à la bouche, celle que l'on porte à la tête, celle que l'on porte aux autres, les multiples voies des autres à observer, par contre je n'accepte pas le fait de ne devoir accepter que l'une seule de ces acceptations. S'il y a une chose que je n'accepte pas, – mais ce n'est pas une "chose" à proprement parler, ce n'est pas un élément –, c'est le fait de ne devoir accepter qu'un élément parmi tout ça, qui deviendrait ainsi mon activité. Mais sinon j'accepte tout.
Le second cas, c'est disons les autres, la plupart : on leur enjoint de refuser tout parce que ce serait s'éparpiller et perdre la raison de son compte en banque, sauf un élément qui sera ce qui leur permettra d'alimenter le compte. Ils refuseront donc tout sauf un, ils accepteront de n'accepter qu'un, qu'un élément qui sera ainsi leur unique voie d'accès à l'acceptation, à l'appréciation, à l'effectuation, à la définition. Ils ne verront que ça, ils considéreront tout le reste à l'aune de ça. Ils auront bien vaguement connaissance (vague connaissance faite d'échos) du reste-qui-n'est-pas-ça, mais suivront à tout jamais la règle du "ça sauf tout". Et c'est ça qui est gagnant, hé !

Pour réussir, refusez tout sauf un !

Posté par Lucas Taieb à 13:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

031219

C'est pas pour faire exprès que c'est tout l'inverse chez moi, je vais vous expliquer la logique.
Chez les gens, au début c'est la pudeur puis viendra l'épanchement dans la relation. Mais voici ma logique à moi : c'est justement au début que doit s'ébrouer la transparence, l'extraversion de notre introversion afin que l'on puisse être témoin de ce que nous sommes (avec le risque de se faire “petit dictateur libertaire” qui violente l'autre ne souhaitant pas poursuivre sur cette pente, mais on cesse quand on sent poindre le malaise) ; et ensuite ce ne sera plus tellement la peine (ce serait superflu) de se confier autant puisque la beauté résidera dans l'effectuation qui perdure, qui devient chaque jour plus concrète (avant d'exploser de trop de concrétude, bien entendu).
Chez les gens, la honte vient d'évoquer les sentiments les plus intérieurs plutôt que la vie courante. Mais voici la mienne de logique, bien plus logique pourtant (je trouve) : c'est justement dans les sensations existentielles les plus profondes, souvent les plus intimes-affectives qui sont aussi les plus spirituellement marquantes, que se fait jour une universalité proprement criante qui dévoile l'humain générique (ses possibilités donc les nôtres, les nôtres dont les siennes) plutôt qu'elle ne nous déshabille particulièrement ; par contre, si je dois expliquer mes choix de vécu les plus extérieurs, je dis trop de ce qu'a été ma cruelle et inconvenante contingence, c'est vraiment indécent, je ne vous le permets pas. Ah mais hein.

Posté par Lucas Taieb à 17:10 - Commentaires [1] - Permalien [#]

231119

Différentes preuves concernant la pop (10)

C'était clairement la preuve que j'avais décroché quelque chose qui m'accrochait violemment : je suis allé réveiller ma grand-mère en pleine sieste pour lui dire à quel point cet album m'avait fait toucher une sorte de complétude profondément semblable à ce que j'avais toujours voulu ressentir de rétif, d'intensément grisant et spontanément frissonnant, phrasé naturellement incarné et par là même digne de ce nom, figure écarquillée sur fond solidement découpé (Never Mind The Bollocks, Sex Pistols, écouté sur baladeur) ; mais elle n'avait pas l'air de comprendre, elle aurait préféré ne pas être extraite de là où elle était. Cela témoigne de mon égo-logique de l'époque, qui me fait parfois honte mais pas ici car c'est trop beau à dire : le Punk m'a donné envie de ne plus avoir d'égards pour le sommeil des miens. C'est ce qu'il méritait, un point c'est tout.

Posté par Lucas Taieb à 18:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]