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Définitivement
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Définitivement
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19 avril 2016

Elles se comptent sur les doigts d'une seule main

Elles se comptent sur les doigts d'une seule main ou à peine plus, les personnes qui m'ont dit des choses sur mes mots. J'ai cherché pourquoi. Pour cela, j'ai tout relu. Et ça m'a laissé bouche bée : il n'y a rien à rajouter. Ce que je dis, c'est dit, je ne sais pas si "tout est dit" mais ça se dit, je ne sais pas si c'est "louable" ou "contestable" mais c'est. C'est pour ça que ça pousse à ne rien dire de spécial, à non-réagir.

(Et je dois reconnaître qu'heureusement que tous les écrits ne sont pas comme les miens, car alors ce serait la fin de tout ajout possible à la parole. Une civilisation coite. Mais pourquoi pas, finalement, pourquoi pas ?)

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28 janvier 2015

Je n'ai fait qu'alterner périodes exclusivement

Je n'ai fait qu'alterner périodes exclusivement auto-réflexives et époques spécifiquement fictionnelles. Les deux avaient un caractère d'illusion. C'était vouloir séparer radicalement "l'intellectualité" de "l'animalité", ou plutôt, afin d'employer des mots qui ont un sens, l'immobilité et l'agitation. Il faut dire que le monde ne m'aide guère.

Le signe que je vais bien, c'est quand je fais les deux simultanément, ou plutôt, afin d'être précis (car bien sûr que ce n'est jamais totalement "simultané"), c'est quand je me porte (certains disent "je me pose" mais il suffit pas de se fixer, encore faut-il se sentir !) tout en me saisissant dans un mouvement qui se profile mais qui n'est pas une fuite (ce sera donc un "souffle", comme ils disent, qui pensera bien à "soupeser", comme ils rajoutent ; pfff, vraiment obligé de compter avec eux ?). 

Vise, envisage.

15 mars 2016

Mais peut-être que je suis toujours allé vers ce

Mais peut-être que je suis toujours allé vers ce qui me ressemble le moins ! Mais c'était pour enfin me frotter au monde, pour compenser les années d'auto-création (j'avais établi dès le départ qu'avec moi et moi seul je tournerais en rond, mais rien ne pourra jamais me dire si c'était vrai ou si c'était de l'a priori sifflé par les autres ; contrairement à ce qu'ils pensaient, tout le monde a toujours besoin d'établir pareille règle mentale car l'amour nous appelle). 

Il fallait donc que j'aille vers le social. Mais je m'y suis de plus en plus mal pris, c'est allé de plus en plus vers le pire. 

D'abord je me suis fait croire que j'allais pouvoir être officiellement artiste, comme si c'était différent que d'être artiste officiel. Mais c'est pas fini, on pouvait encore aller plus profond dans la méconnaissance !

Ensuite j'ai cru que j'étais fait pour réfléchir sur ce qu'il faut réfléchir, comme si cela avait quelque chose à voir avec la pensée. Mais c'est pas fini, on continue la déchéance !

Ensuite j'ai cru que j'allais devoir manier les objets des autres dans des cageots, comme si je ne devais jamais y prendre part. Mais quelle persistance dans l'aveuglement !

Et pour finir, se faire le porte-parole neutre de l'institution ? Mais de qui je me moque ?

Chaque étape était toujours plus éloignée des sciences sociales, chacune à son tour niait de manière encore plus intense que la précédente ce pour quoi mon cerveau était façonné. Rien de plus loin des sciences sociales que les beaux-arts, ceux-ci tout de même plus proches d'elles que ne l'est la philosophie, elle-même en étant davantage voisine que ne l'est le commerce, lui-même légèrement plus conciliable que le discours d'État.

Bon, alors quoi ?

7 mars 2016

Y avait-il dès le départ une fragilité ? Innée

Y avait-il dès le départ une fragilité ? Innée et/ou acquise, seule la science le saura, quand on aura tout disséqué. Le fait est que celle-ci a favorisé la propension à se surmonter dans son coin, seul contre tous, « vous allez voir c'que vous allez voir » devenant « vous allez voir c'que vous n'allez pas voir », maugréant d'avance qu'ils ne comprendraient pas de toutes façons. Du coup, déshabituation, violence ; agression causant par conséquent une persistance à jusqu'au-bouter (les autres hors de soi). Et on continue, et on continue, allez, à rester en moi. Et donc aggravation des symptômes car rétrécissement du champ de vie. À peine le nez dehors, forcément ça foudroie. Frappé de plus belle : l'auto-suffisance de la faiblesse aura entraîné l'hyperréactivité aux lésions.

3 mars 2016

Le déploiement des évidences (4/5) : Pertes

Le déploiement des évidences (4/5) : Pertes irréparables et incitations persistantes

Cette nuit j'ai rêvé que je pleurait tout, sur tout, pour tout, pour tous mes choix passés, récents et à venir, sans cesse irréfléchis, sans cesse en-dessous de mes possibilités, sans cesse le résultat de mes faiblesses et en amenant d'autres, me détruisant petit à petit. Fatigué de tout, par tout. Il n'y a que quand j'entrevoyais sincèrement le sens des choses qu'il aurait fallu prendre la peine de les poursuivre. Il n'y a que dans ces intentions fortes, dans ces foulées d'élan que résidait l'accomplissement ; après, j'ai perdu le fil ; et je persiste à penser que j'aurais pu le garder, c'est ça qui fait tout mon malheur. Me consoler serait reconnaître que la déchéance était inexorable et qu'il faut la cultiver telle quelle, profiter de son charme et des quelques menues joies qu'elle m'accorde encore.

Faire le seul blog qui vaille la peine consisterait en ceci : écrire précisément et uniquement ce qui me pousse à me lever malgré tout chaque matin, écrire chaque raison quotidienne conduisant à l'impulsion, à l'intention forte et voir ce qui revient le plus souvent, pour savoir ce qui me botte vraiment (j'ai déjà quelques idées et vous aussi, à nous de les retrouver).

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5 janvier 2015

Si ça se trouve, c'est mon dégoût de

Si ça se trouve, c'est mon dégoût de l'essentialisme qui me rend impossible difficile (pénible ?) la littérature. Même le meilleur écrivain finit toujours par dire «lui c'est lui parce qu'il est lui, ça se colle à lui car c'est lui». Éternelle faiblesse de l'analyste qui reste comme interdit devant l'insaisissabilité. ("Rester interdit", cette expression m'a toujours étonné... Cela devrait être interdit de rester interdit ! Toujours chercher !)

1 mars 2016

Le déploiement des évidences (2/5) : Le gazeux et

Le déploiement des évidences (2/5) : Le gazeux et le solide

L'amour se base sur une certaine magie, on est d'accord, or quand il perdure il se nourrit d'une dimension institutionnelle qui est un danger pour sa magie et menace son existence même. Ceci me semble être à l'image du monde humain en son entier. La magie crée l'institution qui réprime la magie et prend le risque de s'auto-détruire à petit feu. L'institution croit progresser quand elle devient froide, alors que sa Proclamation Sacrée de Froideur est une forme particulièrement déviante et inconsciente de magie. 

L'amoureux, lui, s'il veut se montrer moins suicidaire que le souverain contemporain, doit reconnaître la part de magie perversement ésotérique qui perdure dans l'institution : ainsi, cette conscience de l'inconscience préservera une folle distance vis-à-vis des choses-trappes qui résident dans les choses sérieuses. 

La technopole, elle, me dépasse à tout jamais, je ne lui vois pas de remède possible tant qu'elle s'en tiendra à ses obligations. Elle forme des agents opérationnels, experts en Froideur, qui n'ont pas à se prononcer sur la magie ; et celle-ci se théorise encore et toujours, ce qui forme la caste supérieure. Division mortifère. Devoir se concentrer sur l'une ou sur l'autre composante à construire ou à détruire, cela n'enchante personne. Pour la peine, cassons tout, liquéfions-nous dans les rouages. 

14 février 2016

Je déclare enfin, une bonne fois pour toutes, que

Je déclare enfin, une bonne fois pour toutes, que je n'irai plus jamais vers qui que ce soit pour lui montrer ce que je fais. Je le laisserai venir de lui-même et je répondrai à ses demandes.

Croire que l'on est plus libre quand le mouvement vient de nous, c'est vraiment se tromper du tout au tout, c'est penser à l'envers. Quand c'est nous l'expéditeur, on est prisonnier de l'attente, on ne vit que par la vision de l'autre. Quand c'est une commande, on se montre enfin serein, on a l'esprit pour donner le meilleur. On n'en revient pas que l'on puisse plaire. Quand on a démarché, on en revient toujours (souvent bredouille). Quand c'est l'autre qui nous propose, on se regarde enfin avec recul, on sort de l'angoisse. Quand plus rien ne nous tient à coeur, on se laisse enfin porter.

26 décembre 2014

Qui – de nos jours – questionne la masse ? Je

Qui – de nos jours – questionne la masse ? Je veux dire questionne son existence même et non pas seulement l'interroge avec un micro. D'un côté on a l'économie qui nous dit "mais la masse c'est ce qui achète !", de l'autre on a la démocratie qui rétorque "mais la masse c'est ce qui vote !", bon donc en gros on a compris que la masse ça choisit, son rôle c'est de choisir. Ça n'a même pas de corps mais ça choisit. Vous trouvez pas qu'il y a quelque chose qui cloche quand on a un truc qui n'existe pas vraiment mais sur lequel tout est basé ? Dans ce cas, autant tout baser sur le ziglflurmz. Ça n'existe pas plus mais au moins ça a l'air un peu plus original.

24 novembre 2014

Tout comme j'étais déjà là dans les numéros "la

Tout comme j'étais déjà là dans les numéros "la perruque", "le dessert" et "l"oreille", je suis présent avec un beau texte dans le nouveau numéro du fanzine La Cacahuète (éditions du Flan), qui s'appelle "le renard". C'est un texte sur la xénophobie. J'avais d'abord tenté de faire quelque chose de plus intime mais je n'y suis pas arrivé, comme en témoignent les quatre jalons que je vous dévoile ci-dessous.

 

1. Tiens mais qui voilà ? - saynète

«Tiens, c'est quoi ce mammifère quadrupède roux là-bas, qui passe dans le pré des vaches ?»

Je savais d'avance que c'était un renard, ou plutôt je l'espérais ardemment, n'en ayant jamais vu en vrai.

«Oh, c'est juste un gros chat... me répondit-elle avant de courir chercher son appareil photo.»

Elle put l'actionner à temps puis, joie du numérique, se rendre compte en zoomant sur l'écran que c'était bien un renard, tandis que le sujet du cliché s'en était déjà allé.

C'est fou comme avec la position qu'il avait il faisait trop renard, avec la tête retournée de trois-quarts du genre «je regarde derrière moi, je suis prudent, on est le matin, je n'ai rien à faire là, je ne suis pas dupe».

Puis, quelques mois plus tard, au zoo : il fait la sieste tout ébouriffé comme un carnivore car on est l'après-midi donc on peut à peine le voir donc trop frustrant également.

 

2. allez hop vite - fil descriptif

le renard étant un animal nocturne comme tous les carnivores c'est dur d'en voir un en vrai voici donc comment je pourrais résumer les deux fois où ça a failli :

- tiens c'est quoi ce mammifère roux là-bas dans le pré des vaches ? elle va chercher appareil photo à toute vitesse pour pas le louper, moi j'espère que c'est un renard et pas seulement un gros chat, appareil photo s'enclenche, cliché numérique s'affiche, zoom : il a bien une bouille de renard avec son museau trop chou

- roh comme on est l'aprèm et que c'est un carnivore il risque de dormir (lieu : parc animalier), en effet on voit juste son pelage de beau canidé endormi, à peine sa tête dans le coltard

 

3. Comment ça fait renard ! - concordance d'insaisissabilité

La seule fois où j'ai vu un renard sur un cliché de pré matinal avec effet zoom sur petit animal furtif carnivore nocturne qui n'a rien à faire là, j'ai trouvé qu'il se la jouait renard à fond et que ma foi c'était une démarche à saluer. Rien que sa façon de se retourner de trois-quarts tout en étant appuyé sur quatre pattes (un quart ne se retournant donc pas) lui permettait d'exprimer le renard, que l'on pourrait traduire par : «On me la fait pas à moi, je regarde par-ci par-là histoire de, mais on me la fait pas». Est-ce qu'il avait conscience de faire renard à ce point ?

De nos jours, nous, nous faisons assez peu hommes. Nous accomplissons, nous nous comportons, mais nous saisissons moyennement notre essence. Même si celle-ci n'existe pas, nous nous devons au moins de la mimer comme des dératés avec un air passionné, comme ce canidé évoqué dont la signification du regard était pointée toute entière vers ce cri : «Comment je fais renard dans ta gueule !»

Presque un an plus tard, ce sera le même effet mais derrière une grille (c'était forcément le même car un animal est tous les animaux).

 

4. Comment faire renard  [plutôt qu'homme] – étude empirique

Quand tu zoomes et que par miracle tu vois apparaître la face d'un renard à l’œil furtif qui zieute au loin, tu lis tout ça dans son expression :

«Je regarde quelque part car il faut que ça se fasse. Il faut que ça se fasse mais il ne fallait pas forcément que ça se fasse [instant plutôt que destin]. Il faut que ça se fasse mais on me la fait pas [nuance], je ne suis pas dupe, on est le matin donc je n'ai rien à faire là, je suis carnivore donc nocturne donc je me dépêche de sortir du cadre.»

Oui, ça s'est passé comme ça et j'ai trouvé qu'il incarnait bien son rôle. Personne n'aurait pu le tenir à sa place car chaque individu a ses qualités propres (comme ceux qu'on voit toujours faire la sieste aux heures où l'on est de visite au zoo : eux c'est leur truc de faire renard de cette façon-là).

Ajoutons à cela une démarche correspondant en tous points à son intention [au lieu d'un comportement en vue de l'accomplissement d'une valeur n'ayant plus grand chose à voir avec l'idée de départ] et une façon de se retourner de trois-quarts [attentif à l'avant comme à l'arrière] qui indiquaient pleinement qu'il était là dans un espace à percevoir comme allant de soi [au lieu d'un lieu consciemment investi dans le but de le maîtriser].

C'est à méditer si l'on souhaite migrer d'espèce. C'est à notre portée si l'on y réfléchit un tant soit peu.

 

13 février 2016

À l'origine de Immobile et agité (là-bas) et de

À l'origine de Immobile et agité (là-bas) et de Définitivement (vous y êtes), il y eut L'oppression et moi (qui s'en souvient ?) : tout y est déjà, c'est là qu'on voit que je ressasse. Ça s'ouvre entre autres sur ceci :

En fait c'est à ce moment précis que je me suis dit que je pouvais commencer ce blog : j'écoutais Mouss et Hakim qui chantaient "Motivés, motivés" tout en lisant un article sur le livre collectif "L'armée noire" précédemment feuilleté en librairie ; mon passé de voteur insouciant se télescopait avec mon présent d'anarchiste complet. D'un côté la litanie festive des deux vifs frangins me semblait ridicule, et d'un autre côté les provocations graphiques et aphorismes trash du gros bouquin hors de prix me semblaient vains. Je me suis rendu compte que je ne pouvais plus apprécier intellectuellement ni la ferveur souriante (galvaudée) ni le nihilisme hystérique (surfait), alors que je me reconnais sensiblement dans leurs démarches résistantes. La ferveur c'est la fête, c'est émouvant, mais à trop vouloir rassembler on se caricature en consensualité inoffensive. L'hystérie c'est l'énergie, c'est beau, mais à trop vouloir choquer le bourgeois on ne prêche qu'aux convaincus biberonnés. Ce sont deux moyens imparfaits de ne pas faire le jeu de l'autorité. Quelle serait ma piste à moi ? Qui suis-je donc désormais ? On verra bien...

Du grand écart impossible entre Zebda et Pennequin. L'autre soir, je lisais Bruno Latour alors qu'à la radio parlait Jean-Marc Rouillan. Autre télescopage. 

Bien sûr que je n'étais ni “fête de l'Huma” ni “le Dernier Cri”, pas trop difficile à s'en rendre compte, mais j'ai mis davantage de temps à prendre conscience que je n'étais tout simplement pas “philosophiquement artiste”. Quand tu es “philosophiquement artiste”, on te promet deux grands sachems, totem frontal : Deleuze-Derrida. Mais ça collait pas. Quelque chose clochait. Si la philosophie doit philosophiquement philosopher, c'est trop, il me faut de l'air. Les sciences sociales furent cet air. 

Je me tatoue le sceau Bourdieu-Lévi Strauss (déjà moins “artistiquement correct” que Deleuze-Derrida) et je rejoins la trinité Guénon-Girard-Latour. Cela est mien. Je n'ai plus à mimer la grimace naïve et déchirante, je n'ai plus à faire croire que je suis moderne. 

 

Bibliographie :

La crise du monde moderne, René Guénon, 1927.

Des choses cachées depuis la fondation du monde, René Girard, 1978.

Nous n'avons jamais été modernes, Bruno Latour, 1991.

11 février 2016

Je me contente de peu, le problème c'est qu'il

Je me contente de peu, le problème c'est qu'il s'agit toujours du même peu, que ça ne peut être que ce peu et aucun autre : à partir de là, dès que ce peu n'est plus là, je ne peux plus me contenter de rien. Tout s'effondre, alors qu'une seconde avant, tout tenait à un fil (mais un seul fil, et ce n'est donc pas une qualité d'être peu exigeant, c'est juste suicidaire).

4 février 2016

Ma dulcinée me dit que ça s'appelle un “ver

Ma dulcinée me dit que ça s'appelle un “ver d'oreille”, soit. Stéréotypie maladive, certes. Mais aussi essence même de la pop et ce qui fait sa supériorité : elle est mouvement de conscience et non pas lâcher-prise béat, contrairement à ce que l'on croit. Une mélodie est riche quand on sent que quelque chose de fou, d'étrange, de fondamentalement mystérieux est caché derrière : l'avoir sans cesse dans la tête c'est vouloir percer ce mystère, chercher à comprendre comment ça peut s'emboîter ainsi. Qu'elle soit simple ou complexe importe peu : après recherche mentale prolongée, la simplicité apparaîtra complexe et la complexité sera simple.

14 novembre 2014

Si encore les mots ne démontraient ni ne

Si encore les mots ne démontraient ni ne décrivaient, je pourrais les aimer. Je les aime comme ça, d'ailleurs. Quand on veut parler par écrit : essayons de ne pas exposer, ou sinon faisons de la peinture mais là on parle des mots alors c'est autre chose. Ne prouvons rien, ne perturbons pas le fil, ou alors perturbons-le tout le temps et refusons de se laisser enfermer dans un discours. Ne faisons pas qu'observer, plongeons dans ce que le fait même d'observer nous fait observer, ne faisons pas croire que le monde nous intéresse sans cesse.

22 janvier 2016

J'avoue, le statut normal de la musique m'a

J'avoue, le statut normal de la musique m'a toujours semblé être celui de nous faire nous mouvoir énergiquement. À partir de là, je cherchais une activité pouvant s'appuyer dessus comme on s'affaisse violemment avec le coude, donc pas très finement la plupart du temps : il m'apparaissait que la bande mal dessinée pouvait faire office d'occupation de la main pendant que le pied battait la mesure, rien de plus. Juste pour ça que je n'ai pas creusé l'écriture, juste pour ça je vous assure.

Il m'apparaissait aussi que l'attente normale de quelqu'un de normal (ou plutôt de ce que ma tête se sentait capable de faire normalement) c'était d'écouter une musique prolétaire qui ne soit ni franchouillarde (donc ni française, forcément) ni américaine (n'arrivant pas assez à saisir leur authenticité, la sentant trop éloignée de mon moi normal) : le punk anglais s'est donc imposé. Tout y est de ce qu'on peut attendre de vrai et d'atteignable, à mon sens. Pourquoi donc se forcer à écouter nos groupes festifs à messages ou bien de grandes légendes arrogantes ? Et pourquoi donc croire que l'underground arty a le monopole du territoire vierge et sincère, de l'encanaillement propice à la confusion des sens ? La richesse pop et la ferveur simple du punk bouleversent bien davantage l'être, mon être. Car il semble lui correspondre en tout point ; donc il permet par la suite toutes les explorations : vient ainsi le post-punk, tout naturellement là encore.

Pour ça aussi que la musique était une évidence plus grande que les autres arts : elle soulignait ma normalité, la possibilité d'un équilibre sans cesse manifeste donc sans cesse neuf. « Tout m'a conduit à cette mélodie ; elle rappelle aussi bien ce qui m'y a conduit qu'elle dit la fin possible de tout ; elle peut accompagner mon dernier soupir ; elle l'annonce autant qu'elle annonce l'envie de donner jusqu'au bout, encore et toujours ».

L'écriture ou l'idée que je m'en fais : une quête plus ardue, coulant moins de source, remplie de chausses-trappes, de joies trompeuses et de tristesses fausses ; j'y guette à l'avance bien plus d'hypocrisie et d'emballement que dans la musique prolétaire. Mais ça vaut le coup, non ?

21 janvier 2016

« Et t'as déjà articulé des idées ? – Ouais, une

« Et t'as déjà articulé des idées ? 

– Ouais, une fois, dans un colloque sur les maladies de peau.

– Sur les infections cutanées ?

– Non, vraiment les maladies de peau génétiques, de naissance. Et je me suis dit que j'avais mon quota, que je pouvais passer la main.

– Moi c'était dans un journal universitaire. J'avais écrit des mots. Moi aussi je me suis dit qu'après ça il fallait que je laisse ma place. Ce n'est pas parce que je suis né avec de la viande dans mon assiette tous les jours qu'il faut que je ramène ma fraise à chaque fois !

– En plus je crois qu'on est toujours plus nombreux à sortir des utérus. T'imagines si quelqu'un décidait un jour de dire qu'il y a besoin d'une assermentation pour conceptualiser ! T'imagines qu'on n'aurait jamais lu le paragraphe de Chandana !

– Et que même si on l'avait lu on aurait dit qu'elle parle “en tant que paysanne indienne”...

– Ha ha, arrête, tu vas nous faire cauchemarder... N'empêche, je n'aimerais pas y prendre goût. Prendre goût aux phrases, c'est ça qui rendrait tout invivable. Je préférerais en finir.

– Quelle présomption, mon vieux ! C'est le monde qui en finirait avant toi. »

19 janvier 2016

Paragraphe du 17 Mars 2014 : Si j'ai une certaine

Paragraphe du 17 Mars 2014 : Si j'ai une certaine fascination pour les idéologues connards (nationalistes, libéraux, gens de droite en général), c'est qu'à la base il y a l'incompréhension qui crie. Comme je pense sincèrement (comme tout anar normalement constitué) que l'homme naît bon, je bute sans cesse sur cette incompréhension, je me cogne sans arrêt le front et ça fait mal et je commence à en avoir tellement marre que je cherche donc à savoir pourquoi ils sont devenus comme ça dans leur vie. Je crois que j'ai raté ma vocation de psychanalyste (ou de sociologue, c'est selon).

Ce paragraphe écrit de manière très naïve, comme un flash de journal intime qui n'avait rien à faire là, contient pourtant tout ce qu'il faut savoir, encore aujourd'hui, à savoir que cela n'en finit pas de me surprendre, que je cherche à comprendre pourquoi ces gens sont comme ça mais qu'eux font tout pour ne pas être compris et qu'à la longue ils me déçoivent et que je suis une fois de plus surpris (qu'ils me déçoivent). Chez moi c'est ainsi que se vit la fascination maladive, répétitive envers le facho : sans cesse espérant qu'il ne le soit plus un jour, sans cesse déçu qu'il le soit toujours. (Et l'on voit que c'est ici aussi que je suis encore adolescent, sorte de coeur d'artichaut sans cesse attiré par le regard dur et fatal donc sans cesse malmené, transi, effet yo-yo, soufflet qui se dégonfle : « Ah bon, tu es donc bel et bien un gros connard ? Oh, je m'y attendais pas alors, que je suis donc déçu ! ».)

Et pendant ce temps-là, on oublie que ce qui nous énerve concrètement le plus c'est le centre-gauche. Et même pire que de l'oublier, on mime une façon facho d'être énervé : on se fait croire que c'est son côté bourgeois décadent qui nous pose problème, au lieu de travailler à lui exposer précisément les raisons de nous rejoindre, toutes les vues qu'il pourrait partager avec nous et qu'il partage sûrement déjà sans oser se l'avouer. Le grand drame politique c'est celui-là et pas l'inverse : le centre-gauche ne veut pas devenir de gauche, il fait son têtu. L'interlocuteur de droite sera toujours plus valable à ses yeux car ça s'emmêlera moins dans son esprit, ça laissera une trace plus nette, plus fraîche, mmmh c'est si bon de se faire croire qu'en gros on aime la société telle qu'elle est, on est plus ou moins ok, la droite c'est plus et la gauche c'est moins et nous le centre-gauche en gros ça va en gros, c'est en gros bien sûr car quand même il y a des choses qui bon vous voyez quoi hein mais en gros bon quand même hein, en gros bon. (Voilà, organiser ceci comme débat pour vraiment enfin distinguer ce qu'il y a à distinguer : d'un côté, ceux qui pensent qu'en gros la société ça va, et de l'autre ceux qui pensent que la société en gros ça va pas. Les insultes ne pourront plus fuser sur des questions futiles de positionnement : le centre-gauche dira une fois pour toutes « Eh oh, quand on dit que ça va c'est en gros, on dit bien en gros, bien sûr que c'est qu'en gros, pardi ; mais vous franchement vous voulez péter le progrès ou quoi ? Alors que quand même, la médecine et tout, hein, quand même ! » et l'on pourra rétorquer glorieusement « Eh oh, nous aussi on dit en gros ! Bien sûr qu'il y a des trucs qui etc. mais en gros on dit que ça va pas ! Voilà, maintenant on va tout vraiment vous dire et croyez-nous ça va tout reprendre pour bien savoir ce qu'il en est, et pas qu'en gros ! ». Et voilà, enfin ce sera du sérieux car c'est nous qu'on a à parler, même eux le savent.)

16 octobre 2014

Ce qui me fait arrêter l'art ainsi que d'autres

Ce qui me fait arrêter l'art ainsi que d'autres manies durant certaines périodes, c'est le sentiment d'être ridicule. Je me vois mener la chose avant de la commencer et je m'apparais comme pitoyable. Non pas exactement "nul", comme on dit, mais ridicule. J'aimerais qu'on saisisse la nuance. Il n'est pas question de ne trouver aucune "qualité" à telle action, il y en a toujours, il s'agit d'insister sur le tableau aliénant que celle-ci me renvoie : un fait fermé sur lui-même qui reproduit les mêmes connexions, un cadre fixe qui ne déborde pas sur les autres vies. (C'est pour ça que je comprends très bien qu'on veuille être une star.)

Ce n'est pas la première fois de ma vie que je perds toute confiance en "l'acte créatif" et je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas faire de rapprochement entre ces passages, quand bien même ils peuvent être éloignés entre eux de plus de quinze ans, quand bien même j'étais à cette époque un enfant et je suis désormais un adulte. Les problématiques restent à peu près identiques (la preuve, c'est à partir de cet âge-là que je me suis mis à utiliser le mot "pitoyable" qui apparaît dans la deuxième phrase de ce texte). De nouveaux regards intérieurs m'avaient permis d'en sortir, je sens qu'ils arrivent aussi en ce moment, mais c'est lent.

8 janvier 2016

J'aimerais qu'un écrit, discours ou échange

J'aimerais qu'un écrit, discours ou échange (mettons tout dans le même panier) soit simultanément dupe et pas dupe de l'existence d'une vérité possible sur soi, que cela transparaisse : dupe car on est tous sérieux dans le fond et qu'il ne faut pas faire croire le contraire, pas dupe car on a tous conscience de l'excès de nos élans de pensée, du fait que la reconstitution de nos sentiments tend au grotesque. Ainsi, les bêtises qui se présenteront feront obligatoirement sens et paix car elles dévoileront la panoplie complète et lucide de notre être : « je dis ceci et en même temps que je le dis on saisit que ce n'est déjà plus moi mais je vous le montre malgré tout car ça vous permettra de comprendre d'où je parle même si je m'efforce de m'en extirper ». Ainsi, on pourrait s'en sortir avec les autres.

6 janvier 2016

Retour à la clinique. On me montre un cas avancé.

Retour à la clinique. On me montre un cas avancé. Il répète en boucle « études puis travail point barre, études puis travail point barre, études puis travail point barre ». Il a l'air de penser sérieusement que c'est comme ça. J'essaie tout de même d'engager quelque chose :

– Bonjour, je veux pas t'embêter mais... le travail c'est pour...

Il me coupe direct :

– Travail c'est pour avoir de l'argent je sais bien t'inquiète, on fait études pour avoir travail pour avoir de l'argent, études puis travail point barre, études puis travail point barre, études puis travail point barre, ét...

– Oui mais dis-moi, avec cet argent, s'il en reste une fois que tu as subvenu à tes besoins, tu penses qu'on peut faire quoi ? Plein de choses ? Comme des études, par exemple ?

– Ah mais non arrête, l'argent qu'il reste de travail c'est pour que tu veuilles toujours aller à travail, c'est pour faire des choses toujours plus simples et plus bêtes que travail pour après vouloir retrouver travail, c'est pour toujours t'étourdir pour ensuite revenir car après travail c'est point barre, c'est fini études, c'est fini penser, c'est fini savoir, maintenant c'est juste travail point barre, études puis travail point barre, études puis travail point barre, études puis travail point barre, études puis travail point barre, études puis travail point barre...

Et il s'éloigne en déversant sa litanie. Quel horizon possible ?

7 janvier 2016

L'autre nuit, rêve : quelqu'un d'un peu facho me

L'autre nuit, rêve : quelqu'un d'un peu facho me présente quelqu'un d'encore plus facho qui nous parle de manière complice de quelqu'un de connu qui est carrément facho ; “nous” c'est moi et une amie pas plus facho que moi à qui j'aimerais cacher le plus possible ce qui flotte dans le regard glaçant et le sourire brutal de nos deux convives ; mais c'est dur car elle demande naïvement au gros facho « mais est-ce qu'il est vraiment facho ce facho connu ou est-ce qu'il fait semblant à ton avis ? », question qu'il ne fallait surtout pas poser : honte autant de sa naïveté que du rire entendu que je me mets à partager avec le “un peu facho” sur le sujet, en mode « ah mais oui on sait qu'il est bien facho ce bon vieux facho, plutôt deux fois qu'une, sacré lui, il y en a pas deux comme lui, c'est ce qui fait qu'il est lui et pas un autre ». Regard glaçant, sourire brutal et rire entendu : c'est leur panoplie millénaire. Condamné à subir ça encore longtemps ?

5 janvier 2016

Il me fait visiter la clinique. « S'ils sont là

Il me fait visiter la clinique. 

« S'ils sont là c'est parce qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de ne vouloir que savoir la suite de ce qui arrive aux personnages. Saisir des choses (des savoirs ou des pensées) qui sont au-delà des actions, ça ils ne veulent pas, ça les ennuie.

– Mais ils n'arrivent pas à aimer les deux en même temps ? Qu'il y ait des actions qui portent des quêtes de sens ?

– Au début, oui, on aurait dit qu'ils pouvaient être intéressés par le passager autant que par le véhicule, mais c'est de pire en pire, on a fait les tests : s'il faut qu'ils choisissent entre du sens pur et du sens épique ils prendront le sens épique, ça ok on s'y attendait mais pire, je vous dis, s'il faut qu'ils choisissent entre du sens épique et de l'épique sans sens ils se mettent à prendre l'épique sans sens car "ça fait moins perdre de temps" nous disent-ils, ça coule plus rapidement, et pourtant on leur donne du yaourt à boire mais il faut croire que ça suffit pas !

– Et vous avez un espoir ? Et ils font quoi d'autre de trop con ?

– Je répondrai à votre deuxième question, si vous le voulez bien : ils croient que c'est à dix-huit ans qu'on peut choisir d'étudier les sciences sociales !

– À dix-huit ans, mais...? mais... c'est vraiment crét...?

– Oui, complètement. Ça va finir par une commande en gros de camisoles, c'est moi qui vous l'dis. »

10 octobre 2014

Je vous jure que je pense toujours que les autres

Je vous jure que je pense toujours que les autres ont raison, qu'il faut faire pareil qu'eux. Et comme les autres sont souvent cons, je choisis de devenir con. Ce n'est pas plus compliqué que ça. (Il y a aussi le fait que la pire chose au monde, ce pourquoi je n'aime pas vraiment la vie, c'est qu'on doive toujours être soi. Emprunter successivement différentes sortes de connerie permet donc de se changer les idées.)

16 décembre 2015

Le vrai développement personnel Ce que j'avais

Le vrai développement personnel

Ce que j'avais tendance à, ce que j'ai encore parfois tendance à, ce que l'on peut tous avoir tendance à, c'est par exemple et surtout ceci : « Je suis en train de me pencher sur ça, j'entre dans le flot de ça, mais aïe une pensée me perturbe : et si en fait c'était ridicule, que j'avais tort d'aimer ça, qu'en fait c'est cela là-bas qui est mieux, et oui car quand même cela en impose mieux, cela semble plus solide, plus précis, alors bon cela m'emporte moins mais quand même cela respire le travail bien fait, alors pourquoi pas lâcher ça pour cela là-bas, mais non car en fait il faut que je me souvienne qu'il y a peu je détestais cela là-bas et j'avais bien raison, c'est tout ce contre quoi je me suis construit, c'est tout ce par rapport à quoi je me positionne, c'est le modèle-obstacle, alors oui d'accord il me fascine mais restons-en loin sinon ça va mal finir, il faut juste que j'essaie de lui renvoyer toujours à la figure le fait que moi j'ai choisi autre chose que lui, que moi je me penche sur ça et pas sur cela et que c'est bien meilleur, na ! »

On voit toutes les erreurs défiler : le fait que l'instant n'aurait jamais raison, que la conduite vers autre chose de plus plein serait préférable ; le fait que l'ignorance préalable de ce plein serait révélateur en soi, serait notre définition absolue et voudrait dire que l'on s'en soit senti forcément éloigné avant, qu'on en ait eu besoin pour se placer de telle ou telle façon et qu'il faudrait donc après tout persévérer dans ce que l'on imagine être un rejet ; que ce rejet ferait partie de notre équilibre, de notre entreprise saine de vie.

Tout est faux ! Car tout est à prendre. Il faudrait enfin qu'on comprenne, que tout le monde comprenne que tout est bien. Que tout ce qui est, est bien. Ce qui n'est pas bien, c'est ce qui n'est pas vraiment, ce qui n'a pas de réelle existence, par exemple et surtout : ce qui ne dépend que du sacré, du marché, des erreurs sus-citées suscitées par ceux-ci.

4 décembre 2015

Une douleur, ou plutôt une sensation, une

Une douleur, ou plutôt une sensation, une perception désagréable, mais bref une douleur, fait partie de mon quotidien métabolique depuis plusieurs mois. "Vivre avec" me semble consister en ceci : pendant que je la ressens, donc que je la vis, essayer simultanément de m'imaginer comment ça aurait été de vivre ce moment sans. Ainsi, possibilité que cet autre présent possible fasse surimpression.

C'est assez simple avec la musique : quand je sens que la douleur vient trop s'appuyer sur elle, je cherche à trouver la sensation que m'aurait fait ce disque si je l'avais écouté sans la douleur. Finalement, ce n'est pas très différent de quand on apprécie une oeuvre parce qu'on l'aurait appréciée étant plus jeune, syndrôme courant de la jeunesse postmoderne attardée : on n'est pas non plus complètement dans le présent réel, on mythifie tout autant le passé (normalement perdu à jamais) que le présent (normalement différent du passé). Au moins, quand il s'agit de s'émanciper d'une douleur, c'est pour une bonne cause.

Et puis, je peux toujours chanter dans ma tête, ça ce n'est jamais gâché. De la même manière que l'on passe davantage de temps à penser certaines idées qu'à les lire ou les écrire, c'est aussi dans notre tête que nous sommes le chanteur éternel. Peut-être qu'après tout cela peut suffire.

Si je parle de ça, c'est que ce n'est que ma vie. Depuis le début ou à peu près, la mort est présente comme un horizon prématuré, la mort ou sa précurseuse la déchéance. Ce n'est pas tant un sentiment dépressif qu'une préparation flegmatique à ce qui ne peut qu'arriver tôt, pas forcément une attente, ce serait dire que le pied se fait ferme, mais la certitude désabusée de la petitesse du temps qu'il me reste. (Si cela semble lyrique, je ne peux qu'en rire encore plus car ça ne peut pas en être plus loin.)

Quand la douleur arrive je peux donc dire que je m'y attendais, et la plupart du temps c'est tout à fait vrai, même si l'on ne peut jamais prévoir toutes ses nuances. Je me suis déjà tellement joué ce moment dans ma tête, ce moment de la douleur définitive, irrattrapable, que je suis à peine sous le choc. Je pleure une bonne fois pour toutes, je regrette ceci ou cela pendant quelques temps, puis je vois vite qu'il n'y a rien à regretter puisqu'ayant mené tous ces moments passés en pleine connaissance de cause, en pleine préparation de la douleur à venir, elle ne pouvait que s'amener. C'est mégalogique, comme dirait l'autre.

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