Il est évident que tout ouvrage libertaire, anar
Il est évident que tout ouvrage libertaire, anar ou décroissant doit avoir en exergue la phrase suivante : "Caresser un chat est aussi un travail".
Il est évident que tout ouvrage libertaire, anar ou décroissant doit avoir en exergue la phrase suivante : "Caresser un chat est aussi un travail".
Le chômage offre au prolo lettré la joie d'enfin se retrouver dans tous ces personnages de bourgeois oisifs dont l'horizon d'existence n'est absolument pas borné par une quelconque forme de travail. Il apparaît désormais clairement que nous sommes tous frères.
C'est justement parce que les idées me semblent bien plus essentielles que les mots que je veux éprouver à fond le ridicule d'un mot et que je plonge donc à fond dans eux. C'est justement parce qu'il n'y a que les idées qui m'intéressent qu'il n'y a que les mots qui m'intéressent.
Je refuse "vent". Je refuse que "vent" désigne à la fois cette violente glaciale rasade que je déteste qui me crée des angines et cette fraîche salutaire bourrasque qui rend l'été magique léger. Je refuse. Trouvez autre chose. Trouvez autre chose que "vent", que simplement "vent".
Une écriture qui doute, c'est la moindre des choses depuis plusieurs siècles. Un dessin qui doute, on ne s'y fait toujours pas, ça agresse l'oeil. Pour ça que je bifurque.
C'est quand même dommage que les chats ne nous laissent pas plus souvent toucher leurs coussinets. C'est de la peau. Comme nous. On peut vraiment sentir que c'est comme nous, comme si on touche des doigts de nous.
Quand on s'exclame «ce qu'on s'y retrouve, dis donc !», c'est la preuve qu'on a versé dans la facilité. Il faut plutôt se dire «tiens, ça me parle, sans que je sache trop pourquoi ; je n'ai jamais pensé les choses de cette façon, bien que cela m'évoque des sensations, des sentiments, des idées».
Soit je me dis que ça manque de sérieux l'écriture, en tout cas telle écriture frivole, soit je me dis que c'est beaucoup trop sérieux et qu'on ne sent pas l'indicible. Je balance. Peu savent faire ressortir les deux.
Tiens, enfin ! Cette nuit, dans ma tête, ce sont des mots qui me sont venus et non pas des pensées ! Des phrases entières qui m'expriment et non pas des obsessions concernant des cons ! Bien savoir ça : mes phrases, c'est toujours intelligent ; mes pensées, c'est souvent vain.
Quand un écrivain écrit comme nous, c'est pas de notre faute mais on fait comme si. Déjà qu'il y a un fond commun, en plus on en rajoute. On façonne la légende de "l'influence" alors qu'on sait bien que c'est lui qui nous a tout piqué.
Lire est toujours une défaite car on le fait assis ou couché. L'acte qui nous emporte le plus, dont le souffle et l'intensité ne sont plus à démontrer, est aussi celui où notre corps est le plus absent. L'intelligence remportera le monde le jour où l'on trouvera le moyen de lire en vivant.
Alors d'accord, il sursaute au moindre bruit, il tend l'oreille, renifle tout et n'importe quoi, on pourrait croire que c'est lui qui est distrait mais c'est nous ! Le monde que nous avons créé, c'est de la distraction perpétuelle : impossible de nous concentrer sur nos perceptions.
Une oeuvre nous bouleverse si l'on se dit "comment pourrais-je lire/écouter/regarder autre chose que ça ?".
Le site Vents Contraires m'a publié six textes en 2012, voici le lien pour les lire : http://www.ventscontraires.net/auteur.cfm/6984_taieb_lucas.html
Réécrire la même chose, cela permet d'épuiser tellement certains mots qu'ils nous sortent par la tête et qu'on a envie de les remplacer par d'autres. Ainsi, de nouvelles notions, de nouvelles vues, de nouvelles vies apparaissent.
Au bout d'un moment, ce n'est pas tant qu'on aime croire en les choses, c'est juste que ne croire en rien est devenu risible car répétitif. À force, ça va, on a compris. Ça va.
Je ne sais pas quelle personnalité, quelle idole intimidante j'aimerais aujourd'hui rencontrer : peut-être Lucas Taïeb, ce qu'il serait devenu (car il n'existe plus, n'a existé qu'en puissance) ; il n'y a que lui qui pourrait s'approcher de ce que je rêve.
Mon chat se blottit contre moi : au moins c'est de l'affection qui a son sens dans l'instant même, jamais parasitée par l'optique d'en faire un être social de ce protégé !
Lucas Taïeb, j'entends parler de lui tous les jours, il ne fait que penser, élaborer, échafauder, pas toujours avec succès mais je sens sans cesse sa présence, et vous dites que son Œuvre reste souterraine ? Mais dans quel monde vivez-vous ?