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Définitivement

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Définitivement
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26 décembre 2014

Qui – de nos jours – questionne la masse ? Je

Qui – de nos jours – questionne la masse ? Je veux dire questionne son existence même et non pas seulement l'interroge avec un micro. D'un côté on a l'économie qui nous dit "mais la masse c'est ce qui achète !", de l'autre on a la démocratie qui rétorque "mais la masse c'est ce qui vote !", bon donc en gros on a compris que la masse ça choisit, son rôle c'est de choisir. Ça n'a même pas de corps mais ça choisit. Vous trouvez pas qu'il y a quelque chose qui cloche quand on a un truc qui n'existe pas vraiment mais sur lequel tout est basé ? Dans ce cas, autant tout baser sur le ziglflurmz. Ça n'existe pas plus mais au moins ça a l'air un peu plus original.

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25 décembre 2014

Quand un écrivain écrit comme nous, c'est pas de

Quand un écrivain écrit comme nous, c'est pas de notre faute mais on fait comme si. Déjà qu'il y a un fond commun, en plus on en rajoute. On façonne la légende de "l'influence" alors qu'on sait bien que c'est lui qui nous a tout piqué.

24 décembre 2014

Soit je pourrais dire : «Grandir. Le mimosa du

Soit je pourrais dire :

«Grandir. Le mimosa du champ est tel que dans le vent, une abstraction de son se fait jour dans mon corps. Sans cesse pouvoir servir, sans cesse c'est se blottir. Inversion, labeur, indicible manque de saveur. Gaspiller le bonheur, tout à trac monsieur, tout à trac.»

Soit je pourrais dire :

«L'autre jour, je devais visser trois vis. Pour la première je n'avais pas confiance, je ne pensais pas y arriver, j'ai galéré. Ma réussite a fait que pour la deuxième c'est allé tout seul. Ma réussite a fait que pour la troisième je me suis vautré dans la précipitation de la présomption. C'est ma vie.»

Le second paragraphe fait davantage sens que le premier et pourtant c'est le premier qui sonnera mieux. On a vraiment du mal avec le sens. On veut des phrases qui se balancent. Or, c'est tout ou rien. Le sens n'a que faire de l'échafaudage.

Ceci n'est pas contradictoire avec le fait qu'entre histoire et langage je choisisse le langage. Ceux qui veulent les deux sont de mauvaise foi car pourquoi le langage aurait-il besoin d'histoire puisqu'il fait déjà sens ? C'est pour ça qu'il n'y a pas contradiction : ce qu'on appelle le "style" c'est juste du sens ou en tout cas ça devrait l'être. Car le "style" est langage aux aguets de lui-même, pas phrases s'appesantissant sur le monde.

(Mais attention : quand il y a trop de choses en même temps qui viennent en tête ça donne mal au ventre. Logique : l'agitation immobile est écoeurante. Donc définitivement, s'appuyer sur du sens.)

(Surtout qu'à force on traite d'images de choses sans plus saisir les choses. Du mal avec les images quand elles se complaisent dans leur statut d'images qui perdent les choses, comme si elles n'étaient pas aussi des choses.)

23 décembre 2014

Rien ne m'intéresse autant que le cerveau, les

Rien ne m'intéresse autant que le cerveau, les errements du caché. C'est un travail de tous les jours de se dépouiller du discours sur la politique des grands ensembles.

Rien ne me fait plus peur que celui qui ne sait se mettre qu'à l'échelle des échafaudages. C'est calculer dans le vide, c'est nier la personne.

22 décembre 2014

L'une de mes choses préférées d'ici, c'est ça (il

L'une de mes choses préférées d'ici, c'est ça

(il faut donc cliquer)

Normalement c'était beaucoup plus long, je voulais en faire ce qu'on appelle un "livre". En attendant, j'avais donc mis ça. Et je poste à présent ceci qui est issu du même moule. Relire donc ça avant de lire ceci, pour mieux situer.

 

[...]

Ils se font passer le micro à tour de rôle. Je ne sais plus qui commence. Peut-être lui. Je l'ai connu trop tôt mais il fallait que ça en soit ainsi. On ne peut qu'apprécier encore plus ce qui nous relie désormais. On a évolué en parallèle, lui toujours en avance car un peu plus âgé, lui en éclaireur mais moi en modérateur ou plutôt abstentionniste car tout ce qu'il vivait de décevant je me contentais de ne pas le vivre et donc de ne pas être déçu. J'ai fait miens ses rejets mais en attendant qu'ils s'imposent à moi avec la force de l'évidence. Jamais personne ne sera mon guide. Il m'interpelle sur ce sujet et ce n'est pas un hasard.

« Tu es le premier à reconnaître qu'on peut très bien se faire tout seul, en écoutant les conseils certes mais en restant attentif à son rythme intérieur. Je te crois sincère quand tu ne souhaites pas accuser les autres de tes lubies qui nous excèdent. Reste que ces lubies existent, sont fortement accrochées en toi et que tu t'y enfonces parfois ! À côté de ça, il me semble que tu continues à considérer l'homme comme non-violent de base. Non-violent mais avec des lubies violentes : la contradiction est bien là ! Chacun les exprime comme il le peut, non ? »

 

Je réfléchis pendant que certains ouvrent les premiers jus de fruits.

 

« "Bons" ou "mauvais", "libres ou "égaux", après tout je m'en fiche. Ce qui m'embête c'est que je ne sais jamais de quel homme on parle. Je veux bien qu'on m'explique les raisons de telle construction, de telle structure, mais en conclure qu'il n'aurait pas pu en être autrement parce que c'était inscrit, c'est tomber dans l'extrapolation permanente qui est le défaut originel de toute considération. Vous en êtes la preuve vivante et je vous ai réunis ici pour cela entre autres. Vous allez tous donner des définitions de ce que vous avez vu en pensant qu'il s'agit de ce que je suis. »

 

Après ça, deux ou trois personnes s'en aillent, c'était prévisible. Le bruit de la porte qui claque est aussi important que leur présence, je leur en suis reconnaissant.

Le même que tout à l'heure rétorque là où il sait qu'il aura raison.

« Ton idée d'un homme lucide et apaisé a ses réalités mais tu oublies que quand on parle de violence on parle de relation aux autres, pas d'équilibre entre soi et soi ! Même si elle n'est ni bonne ni mauvaise, la vie au sein d'autres est forcément violente, non ? Ce ne serait pas plutôt pour ça que tu nous as fait venir ? Pour comprendre cette violence ? »

Bien sûr que c'est pour ça. Comme la violence en volonté m'est inconcevable, je la remplace par de la violence en conception : les autres ne me veulent pas du mal mais ils en pensent (alors que c'est peut-être le contraire). Je me suis préparé à un monceau de remises en cause, à un tombereau de... j'allais écrire d'accusations, la dimension de procès n'est donc pas loin. Car toutes sont factuellement argumentées, bien sûr. Ma ligne de défense sera de prétexter la bonne intention, ce qui est vrai la plupart du temps mais ne rend pas l'interprétation indigne de raison d'être.

[...]

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26 novembre 2014

Pourquoi c'est non, pourquoi je m'y refuse

Pourquoi c'est non, pourquoi je m'y refuse encore, pourquoi je n'ai jamais vraiment franchi le pas, pourquoi je ne m'en sens pas capable, pourquoi je ne m'y vois même pas, pourquoi je ne le conçois que difficilement :

- Déjà parce que c'est tellement important, tellement précieux qu'il faut que ça garde un statut spécial, hors-nécessités.

- Parce que j'ai toujours pensé qu'il fallait être équilibré dans sa tête pour s'y consacrer, quand bien même cela paraît peu répandu dans l'histoire. J'attends de grandir intérieurement pour prétendre à. On a chacun sa vitesse, on n'est pas tous égaux. C'est quand tout est clair là-dedans (doigt qui tapote le crâne) qu'on peut partir aux quatre vents. En attendant, réglons.

- Parce que cela me vient du tout premier artiste que j'ai aimé, qui voulait caresser le monde. Cela doit passer par une douceur teintée de lucidité (car c'est évident que j'ai envie d'aimer l'univers), ce mélange pouvant parfaitement mener à ma bizarrerie – je ne vois pas ce qu'il y a de contradictoire. Tant que celles-ci ne sont pas compréhensibles ni même parfois possibles (comme si c'était forcément spontané !), cultivons à fond le surplace qui creuse sa raison d'être. 

Je parle donc de l'art.

24 novembre 2014

Tout comme j'étais déjà là dans les numéros "la

Tout comme j'étais déjà là dans les numéros "la perruque", "le dessert" et "l"oreille", je suis présent avec un beau texte dans le nouveau numéro du fanzine La Cacahuète (éditions du Flan), qui s'appelle "le renard". C'est un texte sur la xénophobie. J'avais d'abord tenté de faire quelque chose de plus intime mais je n'y suis pas arrivé, comme en témoignent les quatre jalons que je vous dévoile ci-dessous.

 

1. Tiens mais qui voilà ? - saynète

«Tiens, c'est quoi ce mammifère quadrupède roux là-bas, qui passe dans le pré des vaches ?»

Je savais d'avance que c'était un renard, ou plutôt je l'espérais ardemment, n'en ayant jamais vu en vrai.

«Oh, c'est juste un gros chat... me répondit-elle avant de courir chercher son appareil photo.»

Elle put l'actionner à temps puis, joie du numérique, se rendre compte en zoomant sur l'écran que c'était bien un renard, tandis que le sujet du cliché s'en était déjà allé.

C'est fou comme avec la position qu'il avait il faisait trop renard, avec la tête retournée de trois-quarts du genre «je regarde derrière moi, je suis prudent, on est le matin, je n'ai rien à faire là, je ne suis pas dupe».

Puis, quelques mois plus tard, au zoo : il fait la sieste tout ébouriffé comme un carnivore car on est l'après-midi donc on peut à peine le voir donc trop frustrant également.

 

2. allez hop vite - fil descriptif

le renard étant un animal nocturne comme tous les carnivores c'est dur d'en voir un en vrai voici donc comment je pourrais résumer les deux fois où ça a failli :

- tiens c'est quoi ce mammifère roux là-bas dans le pré des vaches ? elle va chercher appareil photo à toute vitesse pour pas le louper, moi j'espère que c'est un renard et pas seulement un gros chat, appareil photo s'enclenche, cliché numérique s'affiche, zoom : il a bien une bouille de renard avec son museau trop chou

- roh comme on est l'aprèm et que c'est un carnivore il risque de dormir (lieu : parc animalier), en effet on voit juste son pelage de beau canidé endormi, à peine sa tête dans le coltard

 

3. Comment ça fait renard ! - concordance d'insaisissabilité

La seule fois où j'ai vu un renard sur un cliché de pré matinal avec effet zoom sur petit animal furtif carnivore nocturne qui n'a rien à faire là, j'ai trouvé qu'il se la jouait renard à fond et que ma foi c'était une démarche à saluer. Rien que sa façon de se retourner de trois-quarts tout en étant appuyé sur quatre pattes (un quart ne se retournant donc pas) lui permettait d'exprimer le renard, que l'on pourrait traduire par : «On me la fait pas à moi, je regarde par-ci par-là histoire de, mais on me la fait pas». Est-ce qu'il avait conscience de faire renard à ce point ?

De nos jours, nous, nous faisons assez peu hommes. Nous accomplissons, nous nous comportons, mais nous saisissons moyennement notre essence. Même si celle-ci n'existe pas, nous nous devons au moins de la mimer comme des dératés avec un air passionné, comme ce canidé évoqué dont la signification du regard était pointée toute entière vers ce cri : «Comment je fais renard dans ta gueule !»

Presque un an plus tard, ce sera le même effet mais derrière une grille (c'était forcément le même car un animal est tous les animaux).

 

4. Comment faire renard  [plutôt qu'homme] – étude empirique

Quand tu zoomes et que par miracle tu vois apparaître la face d'un renard à l’œil furtif qui zieute au loin, tu lis tout ça dans son expression :

«Je regarde quelque part car il faut que ça se fasse. Il faut que ça se fasse mais il ne fallait pas forcément que ça se fasse [instant plutôt que destin]. Il faut que ça se fasse mais on me la fait pas [nuance], je ne suis pas dupe, on est le matin donc je n'ai rien à faire là, je suis carnivore donc nocturne donc je me dépêche de sortir du cadre.»

Oui, ça s'est passé comme ça et j'ai trouvé qu'il incarnait bien son rôle. Personne n'aurait pu le tenir à sa place car chaque individu a ses qualités propres (comme ceux qu'on voit toujours faire la sieste aux heures où l'on est de visite au zoo : eux c'est leur truc de faire renard de cette façon-là).

Ajoutons à cela une démarche correspondant en tous points à son intention [au lieu d'un comportement en vue de l'accomplissement d'une valeur n'ayant plus grand chose à voir avec l'idée de départ] et une façon de se retourner de trois-quarts [attentif à l'avant comme à l'arrière] qui indiquaient pleinement qu'il était là dans un espace à percevoir comme allant de soi [au lieu d'un lieu consciemment investi dans le but de le maîtriser].

C'est à méditer si l'on souhaite migrer d'espèce. C'est à notre portée si l'on y réfléchit un tant soit peu.

 

19 novembre 2014

«Dites-moi en long, en large et en travers

«Dites-moi en long, en large et en travers pourquoi vous avez pris une tartine de confiture ce matin.» Quand on me demande de conter mes "choix", cela revient au même (quand j'écris un mot entre guillemets c'est qu'il n'existe pas, que je ne le perçois pas) : pourquoi suis-je allé par là, ai-je dévié comme ça – tout en étant le premier à le déplorer ? Je ne sais plus du tout, quelque chose de pressant, d'oppressant devait me porter plus que tout. Ça me paraissait se justifier, je n'étais ni "anesthésié" ni "inconscient" mais simplement viscéral et depuis je déteste tant ce mot que je ne le mets même pas entre guillemets, ce serait l'amoindrir. J'avais à la fois trop de dégoûts et pas assez – pas assez car je me complaisais dans mon marasme et trop car j'avais peur de m'en extirper ; cet aveuglement me répulse aujourd'hui tout en s'ajoutant à celui que j'éprouve face au monde que je ne connais décidément pas, ce qui donne un compte encore supérieur de dégoûts – mais au moins ils se relient vertueusement : je suis curieux de les briser pour me tenir tout entier.

15 novembre 2014

Normalement, écrire et lire, c'est forcément

Normalement, écrire et lire, c'est forcément traiter de la tête et de la parole. Or, les choses qui intéressent le moins les écrivains et les lecteurs sont le déroulement des pensées et l'espace du langage ! Je ne comprends pas. C'est comme un menuisier qui me dirait "ah mais moi je fais tout sauf de la menuiserie, je plaque des histoires sur du bois". Pourquoi ne jamais vouloir prendre les choses à bras le corps ? Pourquoi toujours s'éloigner de tout par des découpages, coloriages, comptines ? C'est vraiment ce que vous aimez ? Pourquoi ne pas mourir, alors ? 

14 novembre 2014

Si encore les mots ne démontraient ni ne

Si encore les mots ne démontraient ni ne décrivaient, je pourrais les aimer. Je les aime comme ça, d'ailleurs. Quand on veut parler par écrit : essayons de ne pas exposer, ou sinon faisons de la peinture mais là on parle des mots alors c'est autre chose. Ne prouvons rien, ne perturbons pas le fil, ou alors perturbons-le tout le temps et refusons de se laisser enfermer dans un discours. Ne faisons pas qu'observer, plongeons dans ce que le fait même d'observer nous fait observer, ne faisons pas croire que le monde nous intéresse sans cesse.

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