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Définitivement

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Définitivement
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3 juin 2013

J'ai un super texte absurde (mieux que la plupart

J'ai un super texte absurde (mieux que la plupart de ceux qui sont ici) dans le numéro "la perruque" du fanzine La Cacahuète. Voici le lien. Sérieusement, c'est vraiment bien.

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1 juin 2013

Avant j'opposais la vie (la vraie) et le monde

Avant j'opposais la vie (la vraie) et le monde (les masques), maintenant je nuance, je doute de l'existence même de la vie – l'état de nature a-t-il un jour existé ? – du coup je parle de monde humain. Ineffaçable monde humain qui nous a façonné, on ne peut raisonner que par lui. Est-ce cela se faire une "raison" ? Est-ce cela devenir "adulte" ? C'est justement comme ça que le monde humain nous tient : par la "raison" et par le fait d'être "adulte". Ai-je le droit de n'accepter ni l'un ni l'autre ?

29 mai 2013

J'y peux rien si dehors il y a ça. Complètement

J'y peux rien si dehors il y a ça. Complètement posé sur la fenêtre, il y avait ça. Quand je dis complètement, c'était complètement et ça l'est toujours. Jamais quelqu'un n'a autant été (à ma connaissance) posé sur une fenêtre. Cela m'évoque, m'évoquait et m'évoquera des souvenirs. Cela aurait pu aussi (à la rigueur) m'évoquer ce que cela m'aura bientôt évoqué dans quelques minutes, mais pour cela une intuition immédiate et fugitive est (à ma connaissance) indispensable. Que celui qui me souffle "à la rigueur" soit foudroyé dans l'instant (de ce pas).

6 mai 2013

L'erreur fatale et éternelle me semble être la

L'erreur fatale et éternelle me semble être la perpétuation d'une appartenance. C'est ça la courte vue, c'est ça le regard baissé.

Tu ne te reconnais pas dans le prophète donc tu vas chercher à t'en éloigner encore plus. Jusqu'au-boutisme d'adolescent, bouderie ridicule. Comme si tu n'aimais plus l'homme. Crime.

Tu te reconnais dans le prophète donc tu vas vouloir lui ressembler en tous points. Autorité du passé, morale en bloc. Comme si tu n'aimais que l'homme. Crime. 

Illuminations, rien qu'illuminations.

La vraie recherche est dans les vecteurs contraires : reconnaissance puis éloignement ; non-reconnaissance puis rapprochement. Sinon, c'est trop s'écouter.

Tu saisis ce qui t'attire mais tu perçois ce qu'il y a à redire ; tu ne te sens pas concerné mais tu comprends les délices. Dans les deux cas, tu adhères ou pas, qu'importe, au moins tu as parcouru.

5 mai 2013

Ah ouais tiens, pile quand tu commences à

Ah ouais tiens, pile quand tu commences à t'endormir y'a les coups de boutoir de la techno qui résonnent. Donc c'est confirmé que c'est la pire vision de la musique qui soit car vu l'heure qui s'affiche, ça doit être aussi le moment où la vivacité corporelle du fonctionnaire de la teuf commence à battre de l'aile : la musique comme fonction réveillante dans un cadre codifié, comme outil stimulant au service d'une convention, comme simple adjuvant, comme décor des corps. La fête ne s'intéresse qu'au corps et on ne sait d'ailleurs pas trop pourquoi elle le malmène comme ça, on ne voit pas où est le but révolutionnaire. Quant à l'esprit, il est au contraire choyé : tout est en ordre, c'est le week-end donc tu éructes puis ce sera la semaine donc tu bosseras, le meilleur des mondes encore une fois.

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28 avril 2013

N'empêche, ce qui est encore plus drôle qu'être

N'empêche, ce qui est encore plus drôle qu'être "élu pour diriger un pays" (je rigole pas, y'a vraiment des gens qui croient qu'il faut que ça perdure !), c'est être assis à un bureau, entre quatre murs, vivre sa vie, seulement sa vie, seulement sa propre vie dans son monde et dans son cerveau, et "débattre de politique" sur un ordinateur. Impayable ! Ce sont les deux maillons d'une même aliénation, ils se nourrissent l'un l'autre et ils sont contents, ils sont niais, ils sont gagas avec un sourire baveux aux lèvres. Tant qu'il y aura des gens pour "diriger un pays" et d'autres pour "débattre de politique", tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes.

13 avril 2013

Je présente une émission diffusée du mardi au

Je présente une émission diffusée du mardi au vendredi à la radio. Quatre jours par semaine, comme ça chaque jour j'invite une saison. Qu'importe si la saison est en cours ou pas dans le monde extérieur, elle vient quand même, elle a son jour dans le planning. Par exemple, ce mardi, le printemps viendra nous expliquer que ça y'est on peut dire qu'il a vraiment commencé. La chronique de l'été, c'est toujours le mercredi, là je crois qu'il nous dira qu'il se prépare tout doucement. L'automne, comme d'hab', c'est jeudi, elle parle de toute autre chose en ce moment vu qu'elle n'est pas trop concernée par l'actualité. Et hop, j'ai placé l'hiver le vendredi, elle choisit souvent de décrire un livre qu'elle a aimé, quand elle vient de se retirer du temps comme actuellement. Elles aiment plutôt bien cet exercice, ça leur permet d'avoir une vie intérieure. Elles sont tellement tout le temps dehors que y'a un moment faut bien stopper, sinon c'est le burn-out. Qui supporterait d'avoir toujours affaire à l'air, de n'être défini que par la façon dont il habite le vent ?

3 avril 2013

Avant, mon rêve c'était de rencontrer mes idoles

Avant, mon rêve c'était de rencontrer mes idoles musicales anglaises et de tailler la bavette avec eux ; maintenant, c'est de sympathiser avec un animal sauvage et de lui faire de gros câlins. Ça me paraît à la fois moins impossible (mon niveau en langue est définitivement irrattrapable, alors que je peux devenir soigneur en zoo) et beaucoup plus difficile. Tout en retrouvant les valeurs sensibles et sensitives, je ne peux pas m'empêcher de me filer dans de beaux draps inatteignables.

10 mars 2013

Alors d'accord, il sursaute au moindre bruit, il

Alors d'accord, il sursaute au moindre bruit, il tend l'oreille, renifle tout et n'importe quoi, on pourrait croire que c'est lui qui est distrait mais c'est nous ! Le monde que nous avons créé, c'est de la distraction perpétuelle : impossible de nous concentrer sur nos perceptions.

3 mars 2013

Je m'en rappelle, c'était Cabot-Caboche de Daniel

Je m'en rappelle, c'était Cabot-Caboche de Daniel Pennac : impossible pour moi de lire un roman, cela m'est apparu comme une évidence. Un roman c'est des mots, du réel, bref tout ce que je fuis ; je préfère chanter, crier, éructer, bouger et parfois tracer des traits (mais seulement quand je suis fatigué). J'aime quand on n'est pas obligé de croire à ce que l'on fait, d'ailleurs je pense que c'est ça qui nous tue, devoir tout le temps croire alors que c'est impossible. C'est quand je ne me souciais pas de croire que j'étais le plus fort. Si je me suis mis à ne plus y croire c'est simplement parce que je me suis dit qu'il fallait y croire. Or c'est justement ce genre d'injonction qui contient en elle-même la perte créative. Plus que jamais je pense que le vrai fil à suivre indéfiniment, le vrai souffle artistique honnête et utile, c'est celui qu'on ne cherche surtout pas à publier. Quelle horrible mot, "publier" : c'est la fin de tout. L'essentiel c'est ce qu'on décharge sans concessions, ce qu'on amasse avec force et probité ; ce n'est que là qu'on est intéressant (à savoir qu'on s'intéresse soi-même) et tant pis si ça ne ressemble à rien (pourquoi cela devrait-il être péjoratif ? – "roh mon vieux, ta coiffure ressemble à rien" : ben oui, justement !). C'est pas grave de pas être un artiste.

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