Différentes preuves concernant la pop (8) Je me
Différentes preuves concernant la pop (8)
Je me rappelle que le jour où je me préparais à les revendre (les anciennes versions, non remasterisées, des trois CD de la trilogie), j'ai hésité à les lui laisser, ou plutôt à les lui offrir (car on était encore ensemble). Mais c'était trop glauque comme vision, la preuve, j'avais pensé au verbe "laisser" qui signifiait que cela pouvait se finir un jour : "laissons-lui dans la perspective où un jour chacun aura ses propres disques et non plus la communauté des passions permise par la communauté de la relation". Brrr, surtout pas... Qui plus est, la noirceur de la démarche était redoublée par la noirceur vaporeuse de l'ancien mastering que j'allais lui "laisser" (les flous des voix n'étaient donc pas faits exprès ; le mix restauré les faisait apparaître dans toute leur claire beauté, certes noire aussi à leur façon, mais claire). Non seulement elle n'aurait plus accès à moi en tant que moi si jamais on se séparait, mais qui plus est je ne "laisserais" que la version vaporeuse, troublée, empêchée de mes disques (empêchée par la rudimentarité de la technologie de mastering des premières versions pressées aux débuts du CD). J'ai donc revendu. Et on a écouté, réécouté, d'abord elle et moi, puis moi tout seul avec la musique désormais, ces trois albums à nul autre pareil, sonnant encore un peu comme nos hésitants débuts (où je les avais découverts) mais jamais complètement, ils ont changé, ont été restaurés, comme nous, nous aussi, restaurés, désormais séparés, initialisés (mais jamais complètement, car l'autre est passé par là).