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Définitivement

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19 septembre 2019

Différentes preuves concernant la pop (8) Je me

Différentes preuves concernant la pop (8)

Je me rappelle que le jour où je me préparais à les revendre (les anciennes versions, non remasterisées, des trois CD de la trilogie), j'ai hésité à les lui laisser, ou plutôt à les lui offrir (car on était encore ensemble). Mais c'était trop glauque comme vision, la preuve, j'avais pensé au verbe "laisser" qui signifiait que cela pouvait se finir un jour : "laissons-lui dans la perspective où un jour chacun aura ses propres disques et non plus la communauté des passions permise par la communauté de la relation". Brrr, surtout pas... Qui plus est, la noirceur de la démarche était redoublée par la noirceur vaporeuse de l'ancien mastering que j'allais lui "laisser" (les flous des voix n'étaient donc pas faits exprès ; le mix restauré les faisait apparaître dans toute leur claire beauté, certes noire aussi à leur façon, mais claire). Non seulement elle n'aurait plus accès à moi en tant que moi si jamais on se séparait, mais qui plus est je ne "laisserais" que la version vaporeuse, troublée, empêchée de mes disques (empêchée par la rudimentarité de la technologie de mastering des premières versions pressées aux débuts du CD). J'ai donc revendu. Et on a écouté, réécouté, d'abord elle et moi, puis moi tout seul avec la musique désormais, ces trois albums à nul autre pareil, sonnant encore un peu comme nos hésitants débuts (où je les avais découverts) mais jamais complètement, ils ont changé, ont été restaurés, comme nous, nous aussi, restaurés, désormais séparés, initialisés (mais jamais complètement, car l'autre est passé par là).

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5 septembre 2019

Tu as retrouvé qui tu étais. Tu n'avais plus été

Tu as retrouvé qui tu étais. Tu n'avais plus été ainsi depuis... depuis combien de temps déjà, depuis des années, plusieurs années. Ceux qui n'ont jamais cessé d'être quoi que ce soit ne connaissent pas cette expérience, ne peuvent pas retrouver qui ils étaient puisqu'ils sont toujours eux. Toi, au moins, tu as pu vivre cette impression en cet instant : tu es de nouveau celui que tu avais pu être, qui n'avais pas cette douleur permanente. Tu peux de nouveau regarder de la lumière dans les yeux ; depuis plusieurs années, dès que tu es confronté à un quelconque éclat, ça irrite puis ça irradie direct. Ça t'a rendu zinzin, à force. Et là, grâce à cette étrange molécule : il n'y a plus de filtre parasite entre la sensation lumineuse et toi, ce que tu n'avais plus vécu depuis des années, à aucune seconde de ta vie, tu te dois de le répéter, de le faire comprendre, tu ne leur as pas assez dit. Chaque seconde était douleur sous la lumière. Si tu veux être plus exact concernant ce que tu vis en cet instant – et par là même encore plus impressionnant, plus impressionné, plus exalté dans la description –, tu sens que le cerveau s'attend à souffrir, donc léger mouvement de recul-crainte (cette anxiété mécanique, infra-consciente qui ne t'a plus quitté depuis), mais oh, incroyable, il ne se passe pourtant aucune douleur, elle n'a pas lieu comme à son habitude, il y a juste une perception banale comme toute perception, cette banalité t'avait manqué, c'est donc ça la non-douleur, c'est juste la légèreté, et ainsi une douce euphorie te prend. Tu sens bien qu'il y a de la chimie derrière car tu te sens quelque peu ralenti dans ton exaltation, tu planes quelque peu, il ne peut y avoir que ralentissement s'il y a exaltation, avec cette chimie. Mais libéré du filtre de la douleur qui s'était imprimé sur ta vie à chaque seconde depuis des années, plusieurs années (combien de fois te faudra t-il le répéter), tu ne t'es jamais senti aussi vivant. Ou plutôt si, tu t'es déjà senti ainsi : avant, avant la douleur. Tu t'es retrouvé, dis-tu. Mais ça fait aussi pleurer, de se retrouver ; ça ne tenait donc qu'à ça, toute cette douleur qui t'a paralysé, crucifié, hypnotisé, créant tant de désastres dans tous les compartiments de ta vie ? Une larme aimerait couler, pour l'occasion. Ça a failli. Mais tentons de profiter de la chimie.

25 août 2019

J'aimerais arriver à faire saisir dans une œuvre

J'aimerais arriver à faire saisir dans une œuvre à quel point je me suis souvent senti partir, tout en sentant (dans le même temps ou quelques secondes après) qu'une force plus grande que tout m'habitait. Arriver à faire comprendre qu'un sentiment tout proche de la mort qu'amenait par association d'idée ma faiblesse se voyait immédiatement opposer une espèce de feu spirituel intérieur qui amenait à conclure que le problème ne pouvait résider que dans mon corps. Sans doute pour cela que l'on ne m'a jamais pris au sérieux. Très tôt eu la certitude qu'il aurait fallu que je sois dépressif pour que les autres me perçoivent enfin comme réellement atteint, comme une sorte de preuve irréfutable, d'illustration par l'exemple. Mais non, sombrer n'était pas possible pour moi, cette éventualité se présentant même comme un luxe inaccessible : il fallait déjà parvenir à rester debout sur ses deux jambes, bien penser à respirer, ne pas basculer la tête en arrière à cause du trop grand nombre de pulsations dans le crâne, autant d'attentions de tous les instants qui ne laissaient pas de place à la mélancolie. Toujours surpris par ce à quoi j'allais encore bien pouvoir avoir affaire. Tout fut bigarré et j'en ai été bien trop étonné pour en être enragé.

22 août 2019

On me force petit à petit à me sentir fort (parce

On me force petit à petit à me sentir fort (parce qu'il faut bien se penser solide pour se défendre), mais globalement je me préfère faible : je suis plus poétique ainsi, je suis plus pertinent quant à ce que j'ai à apporter au monde (ma poésie, en gros). J'ai donc le choix entre me renforcer tout en me détestant et perdurer dans mes incertitudes tout en me supportant et cultivant ce qu'elles ont de salutaire, de cohérent. Être résolu dans ma faiblesse ou être insincère dans ma force. 

20 août 2019

On était dans une librairie et je tentais de nous

On était dans une librairie et je tentais de nous trouver une BD, quelque chose qu'on aimerait tous les deux. Je feuilletais des choses vraiment trop sommaires, indignes, même si possiblement intéressantes. L'une semblait l'intéresser, elle me disait "et il y a ça, pourquoi pas ?" mais je sentais quelque chose de pas totalement convaincu dans sa voix et son regard un peu perdus, comme si elle cherchait surtout à me faire plaisir et ne comprenait pas ce que je pouvais trouver à ces choses. Je rêve encore de ça, alors qu'elle avait écrit à quel point elle avait pu se nourrir avec joie des traits avec lesquels je l'avais mise en contact, mais c'est comme si mon manque de légitimité était indécrottable. En mettant mon existence dans des livres et des disques que j'achetais, c'était histoire de me trouver des appuis solides me ressemblant potentiellement, à la fois meilleurs que moi et me reflétant en partie. Lorsqu'ils me reflétaient trop, c'était un problème ; je montrais ainsi de manière impudique ce que je pouvais être et parfois je risquais de ne plus m'aimer à me découvrir ainsi (quelle étrange expérience par exemple d'écouter une musique qui nous plaît trop devant tout le monde, c'est comme si on nous arrachait ce plaisir ou qu'au contraire on l'offrait de façon indécente). Quelque chose de l'affection, du sentiment d'existence que l'amour doit apporter se joue ici, comme si je ne parvenais pas à me suffire à moi-même, que sans ces béquilles artistiques (pourtant fort encombrantes) je ne me jugeais pas digne d'attention, que je n'occasionnerais que des regards perdus en ne sachant pas quoi montrer de moi, de ce que j'aime, que je ne pourrais laisser l'évidence aller, celle-ci ne se manifestant qu'en de rares occasions solitaires, vite insaisissables.

(Impossible de savoir sur lequel des deux blogs va ce texte alors pour la peine il est sur les deux. Il est ici aussi, pour rappel : http://leseulvraihetero.canalblog.com )

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19 août 2019

Tout est trop différent, selon les ambiances,

Tout est trop différent, selon les ambiances, selon qu'il y ait des gens ou pas... C'est ça qui est violent : le brusque changement d'ambiance selon ce qui se passe en moi et à mes côtés. Contrastes saisissants. Car il faut se retrouver après ça, se rappeler ce qu'on peut bien faire là !

18 août 2019

Différentes preuves concernant la pop (7) Pour

Différentes preuves concernant la pop (7)

Pour une fois (lui qui était dans un autre monde, sauf récemment où j'ai appris qu'il écoutait le chanteur qui m'a sauvé), il était d'accord avec moi quand j'avais dit « les disques que l'on préfère ne sont pas forcément ceux que l'on écoute le plus souvent ; les disques que l'on trouve objectivement les mieux demandent de l'attention, donc on va moins souvent les passer que des choses plus faciles, moins importantes pour nous ». Oui, c'était convaincant, séduisant (c'était il y a dix ans à peu près, un peu plus). Maintenant, j'apporterais un rectificatif, je serais moins intellectualiste : nos musiques préférées ne sont pas non plus celles que l'on trouve objectivement les mieux, j'avais mélangé. Ce qu'on préfère, je dirais que c'est à mi-chemin de ces deux tendances extrêmes : le disque irréfléchi, pur réflexe sans que l'on soit dedans et le disque que l'on aime aimer, où l'on se regarde aimer (attitude qui est souvent l'apanage de la classe intellectuelle). Notre son à nous et rien qu'à nous, la pop qui s'adresse à moi est généralement à la fois évidente et intelligente (mi-chemin qui est donc aussi une cumulation des deux plaisirs car la Pop est Une) : aisance et cerveau qui crépite, cerveau qui crépite dans l'aisance.

17 août 2019

Les seules fois où ils font de la sociologie,

Les seules fois où ils font de la sociologie, c'est pour cantonner un intervenant à sa façon d'apparaître, le réduire aux manies de son aura. Ils prennent décidément tout par le mauvais côté ! Bougres d'emplâtres, on se fiche bien de son caractère, tentons de nous pencher deux secondes sur ce que sa mythologie nous fait entrevoir d'unique (l'alchimie singulière de ses fragments mêlés, que l'on n'est pas obligé de tous goûter de la même façon, mais reconnaissons néanmoins que sa voix tente de nous faire apparaître une certaine façon d'être réceptif au monde) ! Moi aussi j'étais rétif aux mythologies auparavant, mais à celles qui ne font que se calquer sur la sanction légitime ; finalement je me suis dit : autant de mythologies que d'êtres alors allons-y, apprenons ce qu'elles peuvent nous apprendre sur nous, lorsqu'elles semblent s'adresser à chacun de nous. Ah ben tiens, ça me donne envie de faire directement les

Différentes preuves concernant la pop (6)

Ma pop s'adresse à moi, chaque pop s'adresse à soi. C'était ça que j'essayais de lui faire comprendre en lui disant que ce concert était inespéré vu qu'elle n'était plus là : c'était inespéré que ce chanteur viennent chanter là pour moi, lui qui s'adresse à moi, il avait justement choisi ce jour-là où j'avais prévu d'aller le voir pour s'adresser à moi, dingue !

C'est comme quand je venais de perdre mon chat : le lendemain, j'écoute le nouvel album de celui qui fut longtemps mon seul groupe favori et qui n'en avait plus sorti depuis dix ans, ce groupe avait donc choisi ce jour pour me dire « mais regarde, il y a encore de la vie, on te le dit, on te le dit à toi » !

Et c'était comme juste avant que je perde à tout jamais des oreilles dignes de ce nom : j'étais dans une période où je me disais « mais c'est pas possible, la pop c'est trop, c'est trop pour moi, trop de choses, trop de mélodies » (divine Plainte ; Deleuze dit que se plaindre c'est reconnaître que la vie est trop, pour cela il la considère avec bienveillance) ; le dernier album – que j'écoutai avant de me les faire flinguer (les oreilles) – contint des guitares et des mélodies si fraîches que des larmes vinrent, juré craché, pourtant j'étais loin de me douter de ce qui allait se passer, si c'est pas la preuve ultime !

16 août 2019

Différentes preuves concernant la pop (5) Il

Différentes preuves concernant la pop (5)

Il s'est repenché sur sa totalité. Ce qui est pratique avec la pop c'est qu'on peut s'englober non seulement successivement, chronologiquement (faut être patient, vivre son évolution) mais aussi simultanément, en concert où l'on revit tout ce qu'on a été. On peut même faire les deux techniques à la fois : faire des concerts successifs où l'on se repenche chronologiquement sur sa totalité. (L'équivalent pour moi serait de reprendre tous les fragments laissés ici afin d'en célébrer l'existence ; l'écriture fragmentaire, c'est laisser des morceaux tournés comme il fallait et rien de plus.)

Après s'être repenché sur sa totalité, le cœur a failli lâcher. Ça produit toujours ce genre de frayeur de se repencher. Surtout quand c'est frénétiquement, exhaustivement. N'empêche que sur les photos il n'avait jamais eu un sourire aussi accompli. Car il est ce qu'il a été, il est son propre nom. 

(L'un de ces anciens compères, même âge, sort bientôt un album « auto-dépréciateur, confessionnel », autre façon de considérer sa totalité, c'est le moment.)

Ça c'est ma pop à moi, celle que j'ai toujours préférée, celle d'êtres présents depuis suffisamment longtemps pour avoir une totalité sur laquelle s'appuyer, ce qui se ressent dans leur charpente. Il me faut ça. Sûrement parce que de mon côté je me suis perçu depuis les débuts (de mon moi en tant que moi) comme garant d'une totalité dont j'avais fait ma légende. Il faut que je sente que quelque chose les dépasse (et pour cela il faut avoir de la bouteille).

Bien entendu, cette force est aussi une fragilité, ils savent bien qu'ils ne sont plus comme au début, d'où l'idée de métasynthétiser la totalité. Les choses les plus sérieuses se font lorsqu'on n'a pas le choix.

Symboliquement j'ai d'abord cru que son cœur avait tenu jusqu'au dernier album rejoué mais j'avais mal lu, il a été perturbé par l'avant-dernier. L'avant-dernier enregistré avant qu'il se débarrasse de ses nodules sur les cordes vocales, ce qui s'entendait. Il était sur le fil. De mon côté, souvenir perturbé de ma première écoute de celui-ci (de l'avant-dernier en date du fil de sa totalité), aussi et surtout parce que mes oreilles commençaient à surréagir aux sons quelque peu rugueux (rétives aux sons rétifs), bref, sur le fil également, décidément quel encombrant avant-dernier album, voilà ce que c'est que d'être un peu trop rock, ça surmène l'exercice de la totalité pop – mais malgré des arrangements problématiques, il a sans nul doute sa place mélodique, il faut les chanter, j'aimerais d'ailleurs que maintenant pour se ménager il ne nous fasse plus entendre que la quintessence de ses mélodies nues, de ses élans sur le fil, sur la ligne, de ses allants sur le filet, le simple filet. 

(Comme j'aurais aimé que cet autre chanteur qui m'est cher entonne ses escalades de notes si fraîches au moins une fois de façon simple avant de disparaître ; mais il nous laisse avec l'impossibilité à accepter qu'une telle fraîcheur si perceptible puisse être réellement morte.)

 

14 août 2019

Je les ai faits venir pour statuer sur ma

Je les ai faits venir pour statuer sur ma perpétuelle ambivalence entre ma honte quoi que je fasse et ma fierté quoi que je sois. Comment expliquent-ils ça ?

Lui ne m'aime qu'à moitié, il dit donc : « Peut-être que cette fierté existe pour te complaire dans une impossibilité morale à surmonter ta honte ? On reconnaît bien là ta faiblesse de caractère, ton inconséquence ! »

De son côté, elle souhaitage davantage me défendre : « Mais mettez-vous à sa place, peut-être que cette fierté à tout crin, certes puérile et dangereuse à long terme, est une sorte de réaction de survie, façon spontanée, fervente de contrecarrer cette honte si glaciale, si glacialement cristallisée ! »

Je vais tenter de mettre la balle au centre (à mon encontre ou en ma faveur ?).

Je dis : « Disons que la fierté est une pièce rapportée de mes atteintes, tout en étant un moyen pour moi de faire comme si elles n'avaient pas lieu. Le plus dur est de faire perdurer cette conscience : je sais bien que je serais moins fier si j'allais mieux, mais je ne peux pas m'en empêcher, il n'y a que ça qui correspond à l'allant que je souhaite conserver. En gros, pour faire simple : mon état de fierté, c'est celui que je devrais avoir si je pouvais faire tout ce que je ressens comme potentiels en moi et comme ces derniers ne peuvent pas s'actualiser (à cause des atteintes), autant être quand même fier pour ne pas péter les plombs. »

Forcément, il renchérit : « Donc tu vois bien que tu t'illusionnes, que tu te complais ! »

Je réponds malgré tout (malgré que je sache qu'il ne sera pas convaincu par ce type de réponse, son but n'étant pas de traiter du réel mais de caractères, d'attitudes, d'intentions supposées) : « Bien entendu que d'une certaine façon j'en deviens gaga ! Mais tu oublies une donnée essentielle : il y a des atteintes. Ma fierté, c'est aussi celle de me savoir encore debout, relativement frais et partant pour la suite malgré ces atteintes, c'est ce goût de la permanence, d'une espèce de sentiment de Dieu. Très béat, j'en conviens. Mais comment faire autrement ? Ce dont je suis prêt à me dépouiller, c'est de tout ce qui brouille mon discernement quant aux sources de la honte, savoir quand elle me vient avant tout des autres ou avant tout de moi, pouvoir mieux peser et soupeser. Si, en conséquence de cet éclairage, je dois devenir un petit moins fier par ci, un petit peu plus par là, différemment fier, différemment honteux, très bien, je signe ! Faudra bien que ça bouge, hein, je dis pas le contraire ! »

À partir de là, on s'est mis à parler d'autre chose et ça m'allait comme ça.

 

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