Je viens de relire ce blog et j'ai compris où était la difficulté : j'ai voulu saisir le plus possible ce que je voulais dire, ce qui fait que forcément j'ai voulu comprendre les choses. Or, d'habitude il faut choisir entre comprendre les choses et dire vraiment ce qu'on veut vouloir dire.

Je crois que le poète dit « je veux parler des choses, pas les comprendre car alors je me perds dans des coupes du réel » ; il a peur de ne plus coller à ce qu'il veut dire. Je crois que le scientifique dit « je veux comprendre les choses, plus qu'en parler car alors je me perds dans des façons d'habiller le réel » ; il a peur qu'on ne voie plus ce qu'il veut dire. 

Deux sortes différentes de travestissement ; lequel des deux construit le plus hypocritement la figurine à l'effigie de ses travers sacrés ? Sacrés car intouchables car « pitié, nous dit-il, ne touchez pas à mes travers qui font mon âme, ma raison d'être, ô ma fiche de poste ! ».

Je ne sais pas si on voit tout le temps ce que je veux dire, par contre faut vraiment qu'on sache pourquoi je le dis ; tant pis si je ne sais pas où tout ça mène, mais l'incompréhensible mérite un scalpel ; tant pis si j'en conclue que c'est confus, au moins j'en aurai retracé la genèse en partant du principe que le réel existe (j'aurai joué le jeu) ; tant pis si je parle dans le vide, au moins j'aurai pris conscience qu'un monde l'entoure. Qu'il est tout de même solide. Que plutôt que de taper la tête dedans ou de le frôler gentiment (deux voies de garage se rejoignant), j'ai vraiment cherché à déterminer de quoi étaient faites les striures qui composent la surface qui m'était ainsi proposée de par ma position, certes pas plus privilégiée qu'une autre mais pas moins non plus.