030317

Peu de conditions aussi étranges que celle d'hyperacousique : après un disque douloureux, se le repasser mentalement histoire de pouvoir l'écouter sans souffrir : le souvenir définitivement plus beau que le réel : le règne total du décentrement à la fois morbide et poétique ? Fredonner la mélodie reste toujours un moment de félicité car elle seule est la preuve de la non-pourriture du monde (“comment peut-elle exister ?” : se demander cela est le signe pour moi que la pop est grande, quelque chose d'inouï qui ne sort de nulle part, pour cela que j'aime oublier le “quelque part localisable”, que point trop de situable n'en faut !), et pourtant, quelque chose est perdu à jamais : le frisson du direct, les ondes placées juste comme il faut à hauteur de tempe ; maintenant ça peut pas s'empêcher de rentrer direct trop profond dans l'oreille, ça se tend, ça veut pas rester à fleur de crâne, à fleur de nuque, à fleur de colonne vertébrale, etc. 

Ça veut pas.

 

Posté par Lucas Taieb à 22:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]