La musique, c'était trop fort pour moi. Toute mélodie digne de ce nom me faisait pleurer. C'est donc peut-être mieux ainsi, que je ne puisse plus en jouir à tout crin. Je me complaisais dans les regrets qu'elle exprimait à merveille.

La musique, c'est la seule chose qui établissait une continuité entre mes gouffres. Sans elle, il faut forcément étayer, on ne peut plus sauter par-dessus. Ce sera enfin me souvenir que l'art était un pis-aller faute de mieux en attendant que ma politisation sache ce qu'elle conçoit. Les problèmes posés très tôt furent obsessionnellement négligés au profit d'une individualisation lapidaire, d'un choix d'être échevelé ne correspondant à aucun désir de réel. 

Ce que je voulais dire à grands traits, c'est qu'il n'y a que de l'idéologie et du social, donc de l'idéologie du social (les paradigmes se font hommes, les conduites vers des fins s'imposent concrètement et violemment). Des disciplines faussement hétéroclites partent de ces bases spontanées et par là même tues (on les appelle philosophie ou religion, art ou politique).

Essayer de savoir ce que cela met en jeu de mille et une façons dans notre monde trop blanc, c'est l'affaire de toute une vie. Laissez-moi m'y consacrer.